31 mars 2009 / 07:38 / il y a 8 ans

LEAD 2 Fortis mise sur l'assurance après E28 milliards de pertes

* Perte nette 2008 de 28 milliards d'euros

* La branche assurance dégage un bénéfice de six millions d'euros

* Fortis voit son avenir comme un pur assureur

* Une nouvelle décision judiciaire pourrait compliquer la reprise par BNP Paribas

par Philip Blenkinsop

BRUXELLES, 31 mars (Reuters) - Le groupe belgo-néerlandais Fortis NV FOR.BR s'est efforcé mardi de convaincre qu'il avait encore un avenir comme compagnie d'assurance en dépit des 28 milliards d'euros de pertes nettes subies en 2008, une année marquée par la nationalisation de ses activités bancaires.

A l'occasion de la publication de ses comptes annuels, Fortis a expliqué qu'il étudierait les différentes options s'offrant à lui pour assurer son développement, parmi lesquelles des acquisitions et une distribution de capitaux aux actionnaires dans l'hypothèse où ils donneraient leur aval à son démantèlement.

"Il s'agit d'un nouveau départ pour Fortis, si les actionnaires le permettent", a déclaré le directeur général, Karel De Boeck, lors d'une téléconférence. "Un certain nombre de nos filiales sont en croissance rapide et elles ont besoin de capitaux supplémentaires afin de soutenir leur développement."

L'évolution à court terme du périmètre du groupe reste toutefois incertaine: BNP Paribas (BNPP.PA) est censée reprendre 75% de Fortis Bank, l'ex-branche bancaire belge de la structure cotée Fortis Holding passée aux mains de l'Etat belge, ainsi que 25% de Fortis Insurance Belgium.

Les actionnaires de Fortis, qui avaient un accord initial avec BNP le mois dernier, doivent se prononcer sur les nouvelles modalités de cette reprise lors d'assemblées générales convoquées les 8 et 9 avril.

La cour d'appel de Bruxelles a rendu mardi une nouvelle décision défavorable au groupe en décidant que seuls les actionnaires qui détenaient des titres au moment du démantèlement en octobre seraient autorisés à voter, lors de ces AG, sur la vente à BNP.

SUSPENSE AVANT LES AG DES 8 ET 9 AVRIL

De Boeck a dit ne pas être certain que Fortis puisse faire appel avant les assemblées. Or, cette décision pourrait faire pencher la balance en faveur du camp du "non".

Il a ajouté que le projet alternatif évoqué par l'avocat Mischael Modrikamen, qui représente quelque 2.300 actionnaires de Fortis, prévoyant un retour des activités bancaires au sein de Fortis, était peu crédible faute des moyens financiers requis pour les racheter à l'Etat belge.

La lourde perte publiée pour 2008 s'explique principalement par les pertes de 27,4 milliards d'euros subies par les activités non poursuivies, en raison des dépréciations lors de la vente des activités bancaires.

Les activités poursuivies affichent une perte nette de 610 millions, contre un bénéfice de 84 millions en 2007.

L'assurance, activité qui devrait désormais constituer le coeur du métier du groupe, a dégagé parallèlement un bénéfice net de six millions après la prise en compte de pertes de 639 millions d'euros sur des investissements de portefeuille et de 295 millions sur des opérations de change.

Le groupe avait déjà annoncé il y a deux semaines qu'il ne serait pas en mesure de distribuer un dividende cette année.

Pour Ivan Lathouders, analyste de Bank Degroof, la majeure partie des lourdes pertes annoncées étaient déjà connues, Fortis Bank et Fortis Bank Nederland ayant publié leurs propres résultats.

"Pour ce qui est des activités d'assurance, la situation semble à peu près bonne. Les pertes sur les investissements de portefeuille ne sont pas aussi mauvaises qu'attendu", ajoute-t-il, en précisant avoir relevé son objectif de cours à 1,70 euro contre 1,50.

Le titre Fortis, qui avait atteint près de 30 euros en avril 2007, gagnait 1,19% à 1,36 euro vers 12h50 GMT alors que l'indice DJ Stoxx européen des valeurs bancaires .SX7P prenait 3,35%.

Le groupe a dû être démantelé par les Etats belge et néerlandais après qu'une injection de 11,2 milliards d'euros, conjointement par Bruxelles, La Haye et Luxembourg en octobre 2008, a échoué à rassurer les investisseurs sur la pérennité du groupe.

Version française Benoit Van Overstraeten et Marc Angrand

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