Le patron du rail russe plaide pour des nationalisations

mardi 30 juin 2009 15h11
 

MOSCOU, 30 juin (Reuters) - Le dirigeant de la compagnie publique russe de chemins de fer a appelé mardi le gouvernement à nationaliser les industries en difficultés dans le but d'apaiser les tensions sociales provoquées par la crise.

Vladimir Iakounine est la plus haute personnalité à ce jour à prendre position publiquement en faveur des nationalisations récentes de sociétés privées en difficulté.

Certains dirigeants d'entreprises, ainsi que des analystes, ont exprimé des inquiétudes et jugé que le Kremlin utilisait la crise pour nationaliser de fait des industries.

Fin 2008, Moscou a regroupé une dizaine de compagnies aériennes en faillite dans un nouveau géant public de l'aviation, Russian Airlines, qui a promis de sauver les emplois.

Vladimir Iakounine a estimé que cette évolution pourrait s'avérer bénéfique si elle oblige les entreprises à rémunérer davantage leurs salariés.

"Notre force de travail est sous-évaluée, sous-payée (...) et c'est ce qui a provoqué les tensions sociales que nous voyons aujourd'hui", a-t-il dit.

Le dirigeant des chemins de fer russes a cité en exemple les mesures prises par d'autres pays pour lutter contre la crise. "S'ils sont contraints de sauver des banques, ils les nationalisent. S'ils doivent sauver un secteur industriel, ils n'injectent pas seulement de l'argent, ils le nationalise", a-t-il expliqué.

Les retards dans le versement des salaires et la montée du chômage dans de nombreuses villes du pays ont donné lieu à des manifestations de salariés qui ont notamment bloqué les axes routiers. Le gouvernement a été contraint d'intervenir et il a obligé les dirigeants de certaines entreprises à verser les arriérés de salaires et à reprendre leurs activités même à perte.

Le nom de Vladimir Iakounine, dont la compagnie emploie 1,2 million de personnes, avait circulé comme l'un des candidats potentiels pour succéder à Vladimir Poutine lors de l'élection présidentielle de 2008 avant que l'ancien locataire du Kremlin ne désigne Dmitri Medvedev comme le candidat de son choix.

(Simon Shuster, version française Gwénaelle Barzic)