31 juillet 2009 / 06:28 / il y a 8 ans

LEAD 3 Michelin se dit ouvert à des consolidations

* Résultats semestriels en baisse mais supérieurs aux attentes, FCF positif de E575 mlns

* Attend un soutien du prix des matières premières au S2

* Le groupe vise un FCF positif au S2

* Reste ouvert aux scénarios éventuels de consolidation

* Le titre gagne plus de 6%

(Actualisé avec nouvelles déclarations, cours, détails)

par Matthias Blamont et Helen Massy-Beresford

PARIS, 31 juillet (Reuters) - Michelin (MICP.PA) s'est déclaré confiant vendredi dans sa capacité à générer un free cash flow positif durant la deuxième partie de son exercice et estime que le recul des prix des matières premières devrait soutenir ses résultats, en baisse au premier semestre. Le fabricant de pneumatiques, qui dispute régulièrement la place de numéro un mondial du secteur au japonais Bridgestone (5108.T), juge encore prématuré d'évoquer une reprise économique même s'il constate un "rééquilibrage" des stocks mondiaux de pneus.

Jean-Dominique Senard, gérant associé en charge des finances, a indiqué à Reuters que l'entreprise resterait ouverte aux scénarios futurs de consolidation dans le secteur et que son groupe serait particulièrement attentif à l'évolution du marché asiatique.

"Il y a des signaux qui confirment qu'un mouvement de consolidation est à l'oeuvre en Asie. Et je serais très étonné si ces signes ne se concrétisaient pas en 2010 ou 2011, Michelin reste ouvert, attentif et sera opportuniste", a-t-il dit.

En Europe, plusieurs opérateurs ont spéculé ces derniers mois sur un rachat des activités pneumatiques de l'équipementier allemand Continental (CONG.DE), passé fin 2008 sous le contrôle de son compatriote spécialiste des roulements à bille Schaeffler. Les noms de Michelin, Bridgestone et de l'italien Pirelli PECI.MI ont été cités comme de possibles repreneurs à plusieurs reprises.

Pour de nombreux analystes, l'étude du dossier "Conti" par Michelin ne fait guère de doute.

L'ACTION EN FORTE HAUSSE Sur la période janvier-juin, le résultat opérationnel de Michelin avant produits et charges non récurrents s'inscrit en diminution de 60,2% à 282 millions d'euros. La perte nette, part du groupe, s'établit à 119 millions d'euros, à comparer à un résultat de 430 millions un an plus tôt, tandis que le chiffre d'affaires recule de 13,4% à 7,13 milliards.

Les analystes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une perte opérationnelle de 38,4 millions d'euros et une perte nette de 192,5 millions pour un chiffre d'affaires de 7,23 milliards.

Michelin justifie sa perte nette par des charges de restructuration de 292 millions d'euros passées pour assurer la réduction d'activité de plusieurs sites en France et en Amérique du Nord.

Les syndicats, qui gardent en mémoire le plan de 7.500 suppressions de postes en Europe lancé par l'entreprise en 1999 - et à l'origine d'une très vive émotion dans l'opinion publique - craignent qu'un plan social soit annoncé en France dans les prochains mois, même si l'entreprise assure n'avoir aucun projet en ce sens.

Le 17 juin, Michelin a notifié le déploiement d'un plan de départs volontaires sur trois ans destiné à supprimer 1.800 postes [ID:nLH819691].

Au cours du premier semestre, la dette financière nette de l'entreprise marque un repli de 10,7% à 3,81 milliards d'euros. Sur la période, Michelin a dégagé un free cash flow (flux de trésorerie) de 575 millions d'euros.

Vers 10h25, l'action Michelin progressait de 6,39% à 50,54 euros à la Bourse de Paris après une pointe à 51,27 euros.

"Le groupe a communiqué des surprises agréables dans tous les bons domaines, notamment la dette et le cash flow", écrit Adam Jonas, analyste auprès de Morgan Stanley, dans une note de recherche.

"PAS DE REELLE REPRISE"

Dans un communiqué, le gérant Michel Rollier souligne que ses équipes ont observé "un rééquilibrage des stocks" mais qu'il ne suffit pas à "qualifier une réelle reprise économique."

"Ceci nous incite à ne pas relâcher nos efforts (...) même si l'évolution des cours de matières premières doit soutenir la rentabilité du second semestre", ajoute-t-il.

L'entreprise n'a transmis aucune prévision chiffrée pour l'exercice 2009 mais se déclare en mesure d'afficher un free cash flow (FCF) positif au deuxième semestre.

"La visibilité reste extrêmement faible. Nous n'avons pas de signaux d'une véritable reprise. S'engager sur une prévision de résultat serait cavalier, nous serions obligés de la réviser trop fréquemment", a expliqué Jean-Dominique Senard, au cours d'une conférence de presse.

Michel Rollier avait déclaré en juin ne pas entrevoir de véritable redressement de la conjoncture avant le milieu ou la fin de l'année 2010 [ID:nLI609838].

Jean-Dominique Senard a estimé que Michelin bénéficierait du recul des prix des matières premières à hauteur de 500 à 600 millions d'euros cette année.

Interrogé sur le pilotage des stocks, le dirigeant n'a pas souhaité livrer de données précises mais promis que le niveau des invendus diminuerait en valeur en 2009. Il atteignait 3,68 milliards d'euros au 31 décembre 2008.

Edité par Jean-Michel Bélot

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