Banques - Migaud reproche au gouvernement de brader ses intérêts

mercredi 30 septembre 2009 18h36
 

PARIS, 30 septembre (Reuters) - Le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud, a reproché mercredi au gouvernement français d'avoir bradé ses intérêts dans le cadre du plan de sauvetage des banques.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a répliqué en laissant entendre que les socialistes souhaitent que les autorités françaises s'adonnent à la spéculation.

Didier Migaud dit dans un communiqué que l'Etat s'est "privé de près de 6 milliards d'euros de plus-values" du fait du plan de sauvetage des banques alors que BNP (BNPP.PA: Cotation) a annoncé mardi une augmentation de capital pour rembourser l'aide accordée par l'Etat au plus fort de la tempête financière.

"Les modalités d'intervention de l'Etat pour sauver les banques françaises étaient contestables non pas dans leur principe mais dans leur forme", estime-t-il alors "qu'aujourd'hui BNP Paribas annonce le remboursement des 5,1 milliards d'euros apportés par l'Etat".

"Ces critiques s'avèrent malheureusement totalement pertinentes", ajoute le député PS, qui explique qu'en entrant au capital de BNP Paribas "au moment où l'action valait 27,24 euros et en en sortant au moment où elle vaut 58,20 euros, le gouvernement s'est privé d'une plus-value de 113% et d'un montant de 5,8 milliards d'euros".

"Il est donc totalement inexact d'affirmer que l'Etat a fait une bonne affaire en l'espèce. Au contraire, il s'est privé d'une somme considérable, près de 6 milliards d'euros pour la seule BNP Paribas, à un moment où la situation critique des comptes publics rend une telle 'générosité' encore plus coupable", conclut-il.

Interrogée sur ce sujet à l'issue d'une audition mercredi par la commission des Finances, Christine Lagarde, venue présenter les grandes lignes de son projet de loi de finances pour 2010, a vivement répliqué à Didier Migaud.

"Les socialistes sont peut être beaucoup plus spéculateurs que nous. C'est possible", a-t-elle déclaré dans les couloirs du Palais-Bourbon. "Mais nous on a pris pour objectif de limiter le risque par l'Etat et d'encaisser des intérêts au titre des prêts que nous avons faits aux banques".

"Donc nous avons encaissé 1,4 milliard d'euros au titre des prêts que nous avons consentis", a-t-elle poursuivi. "C'est vrai qu'on n'a pas fait de la spéculation. Je crois que notre politique c'est, précisement, de lutter contre la spéculation", a conclu la ministre de l'Economie. (Emile Picy, édité par Yves Clarisse)