Automobile - Le marché européen face à un net déclin /Fitch

mardi 30 septembre 2008 15h19
 

PARIS, 30 septembre (Reuters) - Le marché automobile européen pourrait avoir à faire face à un très net ralentissement dans les prochains mois et un ou deux constructeurs du Vieux continent pourraient se retrouver en grande difficulté financière si la crise du marché du crédit et la dégradation de l'environnement économique devaient se poursuivre, a déclaré à Reuters mardi un expert de FitchRatings.

"A très court terme, nous sommes préoccupés par la capacité des filiales financières captives (des constructeurs) à se refinancer", a souligné Emmanuel Bulle, directeur senior du département entreprises de l'agence de notation en France, au cours d'une interview accordé à l'occasion d'un sommet Reuters consacré à l'automobile.

"Sur un horizon de 12 mois, nous sommes très pessimistes pour les ventes en Europe, a-t-il ajouté, et nous n'anticipons pas de rebond en 2009."

Selon lui, bien que la rentabilité et la structure financière des constructeurs européens se soient considérablement améliorées ces dernières années, l'environnement extérieur devient "de plus en plus difficile", notamment en raison de la baisse de la consommation des ménages et de l'augmentation du prix des matières premières.

La crise financière, dont l'intensité a redoublé depuis début septembre, inquiète les spécialistes du secteur automobile. Certains d'entre eux craignent que ce dernier devienne le premier compartiment de l'économie "réelle" a être sévèrement touché par le ralentissement de la conjoncture actuellement à l'oeuvre aux Etats-Unis et en Europe.

Sur les huit premiers mois de l'année, le marché européen des ventes de voitures neuves a reculé de 3,9%. La baisse a été particulièrement prononcée durant l'été avec un repli des immatriculations de 7,3% en juillet et de 15,6% en août.

Pour Emmanuel Bulle, les ventes réalisées grâce aux filiales captives (comme Banque PSA Finance (PEUP.PA: Cotation) ou RCI Banque chez Renault (RENA.PA: Cotation)) pourraient disparaître si ces établissements devaient éprouver des difficultés pour emprunter sur les marchés.

"Nous estimons que 20 à 30% des ventes en volume en Europe de l'Ouest sont potentiellement concernées, c'est aussi simple que cela", a-t-il expliqué.

Le spécialiste a également estimé que les gouvernements européens pourraient avoir à intervenir dans le cas où l'industrie automobile venait à s'écrouler du fait de l'effondrement du secteur financier.   Suite...