Bourse - Lafarge en baisse sur des rumeurs de dépréciations

jeudi 29 janvier 2009 19h05
 

PARIS, 29 janvier (Reuters) - Deux géants des matériaux de construction, Lafarge LAFP.PA et Saint-Gobain (SGOB.PA: Cotation), ont sous-performé jeudi l'indice CAC 40 à l'idée que le secteur puisse à son tour être victime de dépréciations d'actifs, déclarent des intervenants.

L'action Lafarge, qui avait bondi de 7,5% la veille, a perdu 4,93% à 36,72 euros, un trader évoquant dans son cas une rumeur de marché sur un risque de dépréciations massives, tandis que Saint-Gobain a trébuché de 7,54% à 27,04.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de Lafarge. Saint-Gobain a répondu de son côté qu'il n'y avait pas ici de sujet majeur.

L'action Saint-Gobain a également été pénalisée jeudi par l'annonce d'une perte inattendue chez le concurrent japonais Nippon Sheet Glass (8202.T: Cotation), sa première en six ans.

Crédit suisse a publié mercredi un catalogue de secteurs où les investisseurs sont, selon la banque, plus susceptibles qu'avant de craindre des dépréciations de survaleurs ou d'actifs.

Les analystes de CS précisent qu'il ne s'agit pas d'une liste de sociétés appelées à faire état de dépréciations pendant la nouvelle saison des résultats mais que le thème est devenu particulièrement sensible depuis l'an dernier dans l'esprit des investisseurs, malgré des implications souvent uniquement comptables.

Un autre analyste du secteur souligne, sous couvert d'anonymat, que les spécialistes des matériaux de construction annoncent tous les ans des dépréciations qui ne dépassent pas en général quelques centaines de millions d'euros. Il précise également qu'il ne s'agit toujours pas d'un thème majeur pour cette branche d'activité contrairement aux banques, pour qui les dépréciations d'actifs peuvent peser sur les niveaux de fonds propres, soumis dans leur cas à des quotas réglementaires.

En ce qui concerne Lafarge, Crédit suisse évoque des survaleurs totales de l'ordre de 14 milliards d'euros en septembre 2008, dont plus de six milliards liés à l'acquisition d'Orascom Cement en Egypte.

La banque ajoute que les deux milliards d'euros environ de survaleurs accumulés avec l'acquisition de Blue Circle en 2001 pourraient être exposés en raison de la forte dégradation des marchés britannique et américain du ciment.   Suite...