August 29, 2008 / 6:29 AM / in 9 years

LEAD 2 Dexia confirme un recul de 32% de son bénéfice net au T2

7 MINUTES DE LECTURE

par Yann Le Guernigou

PARIS, 29 août (Reuters) - Dexia DEXI.PA (DEXI.BR) a confirmé vendredi un recul de 32% de son bénéfice net du deuxième trimestre, sous l'impact des pertes de FSA, sa filiale américaine spécialisée dans le rehaussement de crédit.

Dans un communiqué, la banque franco-belge a fait état en outre d'un ratio de fonds propres Tier 1 de 11,4% au 30 juin, contre 11,3% en première estimation, soit plus que son objectif cible de 10,5%.

Le groupe avait publié des résultats estimés le 6 août en même temps qu'il annonçait un recentrage de FSA sur son activité la moins risquée, la garantie des obligations des collectivités locales, en raison de nouvelles pertes liées à la dégradation du marché immobilier américain.

FSA a été dans le rouge pour 331 millions de dollars au deuxième trimestre en raison d'importantes dépréciations et provisions, ce qui a porté à 966 millions le cumul de ses pertes depuis septembre dernier.

Le résultat net de Dexia a en conséquence diminué de 32,4%, à 532 millions d'euros, et de 36,6%, à 440 millions, en excluant les éléments non récurrents.

Hors FSA, ce dernier aurait atteint 760 millions, soit 23,8% de plus qu'un an plus tôt.

Dexia avait annoncé à l'origine un bénéfice net global de 539 millions d'euros pour le deuxième trimestre, la différence avec le montant publié vendredi tenant au fait que la banque a décidé de déprécier du goodwill de FSA.

Rebond Du Titre

Sur l'ensemble du premier semestre, le bénéfice net, part du groupe, de Dexia a diminué de 45,5% à 821 millions d'euros. En excluant les éléments non récurrents, son recul a été de 26,1%, à 979 millions.

Les déboires de FSA ont brouillé l'image de Dexia qui, de par son premier métier, le financement des collectivités locales, présentait jusqu'ici un profil très défensif pour une valeur financière.

Avec un recul de 45% (au cours de jeudi en clôture) de son cours de Bourse depuis le début de l'année, contre une baisse de 31% pour l'indice sectoriel DJ Stoxx .SX7P, le groupe franco-belge se situe aujourd'hui dans le peloton de queue des banques européennes.

Son action a regagné du terrain vendredi, s'échangeant à 9,81 euros, en hausse de 4,25%, vers 12h10. KBW, qui a une recommandation de "sous-performance" et un objectif de 9,90 euros pour le titre, explique la réaction du marché par les bons résultats du premier métier, si l'on exclut l'impact de FSA.

"Il n'y a pourtant pas de surprise, ni bonne ni mauvaise, par rapport aux annonces de début août. Mais il y a peut-être un changement de la perception du marché vis-à-vis des rehausseurs de crédit", dit un analyste d'une banque française, ajoutant que le Crédit agricole avait flambé en Bourse jeudi malgré la publication de résultats impactés par d'importantes dépréciations sur son exposition à ce segment de marché.

Dexia a dit "travailler activement" avec sa filiale américaine à la mise en oeuvre des décisions stratégiques annoncées début août, à savoir l'abandon de l'assurance de financements structurés et de titrisations ainsi qu'une réduction de voilure dans l'activité produits financiers.

"S'il N'en Reste Qu'un"

L'administrateur délégué, Axel Miller, a ajouté que la banque était prête à "envisager des actions complémentaires compte tenu du contexte actuel et de la faible visibilité" prévalant dans le secteur des rehausseurs de crédit, un des plus touchés par la crise financière.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, il estimé pour autant qu'il y aurait toujours un marché pour cette activité et que FSA avait un rôle de pointe à y jouer même si, parmi les décisions annoncées le 6 août, figurait un nouvel apport en capital de 300 millions de dollars par Dexia pour lui permettre de sauver sa notation AAA, menacée par Moody's.

S'il n'a pas exclu que le modèle des rehausseurs évolue à terme vers celui d'une notation "AA", un niveau où ont été relégués les deux leaders du secteur MBIA et Ambac, il s'est dit convaincu que qu'il restait aujourd'hui "une place pour des rehausseurs de crédit AAA et que, s'il n'en reste qu'un, ce sera FSA". Les difficultés de la filiale américaine ont masqué les performances des pôles "public finance" (hors FSA) et trésorerie et marchés financiers, qui ont enregistré des résultats records au deuxième trimestre : hors éléments non récurrents et à change constants, le bénéfice net du premier a augmenté de 54,4% à 398 millions d'euros et celui du second de 43,9% à 170 millions.

Le financement des collectivités locales, dont Dexia est le leader mondial, affichait à fin juin une progression de 21% (à change constants) sur un an de ses encours de crédits, tirée par la péninsule ibérique (+45,2%), le Royaume-Uni et l'Amérique du Nord (respectivement +53,9% et +36,9%) ou encore la Turquie (+56%).

Les revenus de la banque de détail ont stagné en Belgique et au Luxembourg mais progressé de 23,3% chez la filiale turque Denizbank, le résultat net du pôle reculant de 10,3% à 171 millions d'euros en raison d'une hausse des taxes. /YLG

Yann Le Guernigou, édité par Jacques Poznanski

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