28 octobre 2008 / 17:19 / il y a 9 ans

Airbus - Le dollar ne remet pas en cause "Power 8" - Syndicats

par Nicolas Fichot et Tim Hepher

PARIS/TOULOUSE, 28 octobre (Reuters) - Airbus a prévenu ses syndicats que ses efforts de restructuration devaient se poursuivre en dépit du net rebond du dollar contre l'euro observé ces dernières semaines, ont déclaré mardi des représentants du personnel du constructeur aéronautique européen.

Confronté à la volatilité des changes, la principale filiale du groupe EADS EAD.PA oeuvre actuellement à la mise en place du plan "Power 8", lequel prévoit la suppression de 10.000 postes au sein du groupe et de ses équipementiers ainsi que la délocalisation d'une partie de la production.

La majeure partie des coûts d'Airbus est libellée en euros alors que ses avions se vendent en dollars.

La poursuite de l'appréciation du dollar en 2008 a conduit EADS à annoncer un plan complémentaire, "Power 8+", qui devrait permettre à l'ensemble des divisions de l'entreprise de dégager un milliard d'euros d'économies supplémentaires sur la période 2010-2012.

Au cours d'une réunion interne vendredi, les dirigeants de l'entreprise ont souligné que la fluctuation des devises nécessitait justement le maintien des objectifs de "Power 8", même si le billet vert a regagné du terrain.

"Nous avons demandé à notre direction si l'évolution de la parité euro-dollar, qui avait justifié 'Power 8+' n'allait pas remettre en cause directement 'Power 8+'. On nous a répondu que la volatilité des changes était tellement importante qu'il n'était pas question de changer de stratégie tous les quatre matins", a déclaré à Reuters Marina Lensky, déléguée CFTC.

Selon elle, la direction d'Airbus a néanmoins ajouté qu'elle n'accepterait pas de délocaliser "à outrance" compte tenu "de la crise de l'emploi qui nous menace."

L'état-major d'Airbus a refusé de commenter ces déclarations mardi.

Le plan Power 8, qui fixe des économies annuelles de 2,1 milliards d'euros par an à partir de 2010 a été conçu sur la base d'un dollar à 1,45 dollar. L'euro a culminé à 1,6037 dollar le 15 juillet. Mardi, il s'échangeait à 1,2494 dollar EUR= sur le marché des changes.

Louis Gallois, président exécutif d'Airbus, a déclaré à Reuters le 3 octobre qu'Airbus était exposé à deux cycles, celui de l'aviation civile et celui du dollar, alors que son grand concurrent américain Boeing (BA.N) ne devait combattre que le premier [ID:nL3557738].

SITUATION DELICATE

Le dirigeant a également rappelé à plusieurs reprises qu'une variation de 10 centimes dans la parité euro-dollar se traduisait par un impact d'un milliard d'euros sur le résultat opérationnel d'EADS.

Un euro évoluant largement sous le niveau de 1,45 dollar place Airbus dans une situation délicate. Selon les syndicats, la hausse du dollar pourrait permettre à EADS de dégager deux milliards d'euros de résultat opérationnel supplémentaire.

Or cette marge de manoeuvre est identifiée au moment où EADS sollicite des Etats européens ayant effectué des commandes pour son avion de transport militaire A400M de renoncer à des pénalités financières exigibles compte tenu du retard de l'avion.

Le débat est également soulevé alors que la question de l'emploi en France redevient centrale. Le président Nicolas Sarkozy a communiqué mardi de nouvelles mesures sur ce thème lors d'un déplacement à Rethel (Ardennes) [ID:nLR616718] et [ID:nLS285108].

"On annonce une augmentation très forte du chômage en Europe et pendant ce temps Airbus délocalise à outrance. C'est aberrant", a souligné Jean-François Knepper, délégué central pour Force ouvrière.

"Quand à la parité euro-dollar, nous avons toujours dit et nous affirmons encore que c'est un faux problème. Cette parité est intrinsèque à notre industrie, nous vivons avec et nous sommes couverts. C'était un alibi pour justifier 'Power 8+'", a-t-il ajouté.

Sur fond de crise du transport aérien, Airbus et Boeing s'attendent à une baisse des commandes après trois années très dynamiques. Le groupe européen a prévenu le 15 octobre qu'il avait reporté un projet visant à augmenter les cadences de production [ID:nLF525070]. /MB

avec Matthias Blamont, édité par Jean-Michel Bélot

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