28 avril 2009 / 06:49 / il y a 8 ans

LEAD 2 Deutsche Bank - Le T1 dopé par le marché de la dette

* Bénéfice net de 1,2 milliard d'euros au T1

* Bond de 185% des revenus dans l'obligataire

* Nouvelles dépréciations de 1,5 milliard

* L'action chute de plus de 6%

par John O'Donnell

FRANCFORT, 28 avril (Reuters) - Une envolée des activités obligataires a permis à Deutsche Bank (DBKGn.DE) de dépasser les attentes du marché au premier trimestre avec un bénéfice net de 1,2 milliard d'euros, qui masque toutefois l'érosion de ses principales activités, conséquence de la crise.

La première banque allemande a notamment subi une perte dans la gestion de fortune et une baisse des bénéfices dans la banque de détail, alors qu'elle a dû inscrire dans ses comptes 1,5 milliard d'euros de dépréciations supplémentaires.

A la Bourse de Francfort, l'action Deutsche Bank perdait 6,15% à 40,59 euros vers 9h50 GMT alors que l'indice Dax .GDAXI cédait 2,6% et que le DJ Stoxx européen du secteur bancaire .SX7P abandonnait 3,6%.

Les résultats du premier trimestre ont bénéficié du quasi-triplement des revenus tirés des activités obligataires, à 3,8 milliards d'euros.

Cette envolée a fortement contribué au bénéfice net, qui tranche avec la perte de 141 millions surbie sur les trois premiers mois de l'an dernier et dépasse nettement les plus optimistes des estimations d'analystes recueillies par Reuters.

Certains investisseurs doutent toutefois de la possibilité de voir ce facteur favorable se maintenir au cours des prochains mois.

"Le résultat est impressionnant", reconnaît Dieter Ewald, gérant de fonds de Frankfurt Trust, actionnaire de Deutsche Bank. "Les ventes et le trading (obligataires) sont la principale explication. Reste à savoir si cela va se répéter: le premier trimestre est généralement le meilleur."

Kian Abouhossein, analyste de JPMorgan, salue lui aussi les résultats publiés mais regrette la dépendance de Deutsche Bank aux activités obligataires.

ACKERMANN RECONDUIT JUSQU'EN 2013

"Les résultats sont uniquement tirés par les taux fixes et le CBS (corporate banking and securities)", dit-il. "Les autres divisions semblent en dessous des attentes, comme par exemple la gestion d'actifs et de fortune, la banque de détail et les transactions."

De fait, les activités dites stables, que le président du directoire Josef Ackermann, a présenté comme un facteur d'équilibre face aux activités plus volatiles de banque d'investissement, montrent qu'elles ne sont pas immunisées contre les effets de la crise.

La division de gestion d'actifs et de gestion de fortune affiche une perte avant impôt trimestrielle de 173 millions d'euros alors qu'elle était bénéficiaire sur la même période l'an dernier. Quant à la banque de détail, elle a subi une baisse d'un tiers de ses profits.

Ackermann, reconduit lundi soir à la tête du directoire jusqu'en 2013, a expliqué s'attendre à une légère augmentation du coût du risque, en soulignant entre autres les risques persistants liés aux assureurs "monoline".

Il s'est dit incapable de tracer des perspectives pour les activités de banque d'investissement, expliquant que l'incertitude restait trop élevée sur les marchés.

Au total, Deutsche Bank a passé plus de 10 milliards d'euros de dépréciations depuis le début de la crise.

En Bourse, le groupe affiche une décote par rapport aux deux géants suisses UBS UBSN.VX et Crédit suisse CSGN.VX, avec une valorisation d'environ 10 fois le bénéfice annuel attendu selon StarMIne, contre près de 15 pour Crédit suisse et plus de 12 pour UBS.

avec la contribution d'Edward Taylor, version française Marc Angrand

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