August 28, 2008 / 7:03 AM / 9 years ago

LEAD 2 Ct agricole <CAGR.PA> toujours plombé par Calyon au T2

7 MINUTES DE LECTURE

(actualisé avec le cours de Bourse et des réactions aux paragraphes 4, 11 et 12)

par Yann Le Guernigou

PARIS, 28 août (Reuters) - Crédit agricole SA a annoncé jeudi un plongeon de 94% de son bénéfice net pour le deuxième trimestre, soit bien plus que ne l'attendait le marché, sous l'impact de nouvelles dépréciations liées à la crise des marchés du crédit.

Celles-ci ont atteint 1,05 milliard d'euros et ont maintenu dans le rouge Calyon, la filiale de banque de financement et d'investissement, qui accuse des pertes nettes cumulées de 3,55 milliards d'euros sur les trois derniers trimestres.

Mais le sentiment que le pire est peut-être passé pour le véhicule coté de la banque verte, qui affiche par ailleurs des performances encourageantes dans la banque de détail, à soulagé le marché.

En baisse à l'ouverture de la Bourse, le titre Crédit agricole SA s'est ainsi retourné à la hausse pour gagner un temps plus de 5%. Vers 10h40, il prenait 3,71% à 13,70 euros, alors que l'indice DJ Stoxx des banques européennes était quasi stable (-0,01%) au même moment. Son recul depuis le début de l'année est encore de 36%, contre 33% pour l'indice.

Les pertes de Calyon ont contribué à faire de Crédit agricole SA la banque française la plus touchée par la crise des marchés du crédit avec un impact total (dépréciations et provisions spécifiques) qui atteint 6,5 milliards d'euros.

Cette situation l'a amené à annoncer avant l'été un recentrage de sa filiale sur des activités moins risquées en même temps qu'il lançait une augmentation de capital de 5,9 milliards d'euros pour conforter sa solidité financière.

Le "Retail" Seduit

Le nouveau plan stratégique de Calyon, dont la perte sur le dernier trimestre atteint 855 millions, sera dévoilé le 10 septembre.

Pour le groupe, le bénéfice net du deuxième trimestre a été limité à 76 millions d'euros, contre 1.292 millions un an plus tôt, alors que les analystes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un montant de 199 millions.

Les revenus, plombés par les dépréciations, ont reculé de 38,4% sur un an, à 3.249 millions, bien moins que les 3.660 millions attendus par le consensus Reuters. En baisse de 11,1%, les coûts de la banque sont en revanche en ligne avec les anticipations.

Quant aux provisions, elles ont progressé de 73%, à 365 millions, là où les analystes tablaient sur plus de 400 millions.

"Le marché regarde la banque de détail, dont les résultats sont bons, plutôt que la banque d'investissement, que Crédit agricole va restructurer", dit un analyste d'une banque américaine à Londres, ajoutant : "On achète le 'retail' de CASA aujourd'hui et cette partie est plutôt séduisante".

"Les gens pensent que le pire des dépréciations est passé et que les résultats seront meilleurs aux troisième et quatrième trimestres", indique pour sa part un trader.

Les dépréciations de Calyon ont été conformes aux attentes et ont concerné en quasi-totalité (1.009 millions) l'exposition de la banque aux rehausseurs de crédit américains, un des segments de marché les plus touchés par la crise.

Debut Des Cessions

Hors impact de celle-ci, les revenus de la filiale ont atteint 782 millions d'euros, tout juste la moitié de ceux du deuxième trimestre 2008. Les analystes les attendaient en moyenne à 1.208 millions d'euros, en recul de 23,5%, après la publication début août par BNP Paribas (BNPP.PA) et Société générale (SOGN.PA) de chiffres d'activité sous-jacente solides dans les métiers de marché.

Si les dérivés actions, en perte au premier trimestre, ont redressé la barre au deuxième, Crédit agricole SA fait état d'un impact négatif, non chiffré, de l'inversion de la courbe des taux sur les activités de dérivés de taux exotiques.

Dans les autres métiers, LCL s'est distingué avec une contribution multipliée par près de trois, à 206 millions d'euros, qui tient en partie au fait que les comptes 2007 de l'établissement intégraient des charges de restructuration.

Mais l'évolution de ses revenus, en hausse de 3,1% sur le premier semestre hors éléments volatils, se compare favorablement à celles des réseaux français de BNP Paribas comme de Société générale.

La banque de détail à l'étranger, un des relais de croissance du groupe, a vu son résultat net diminuer de 35% en raison d'une forte baisse de la contribution de la banque portugaise BES, dont Crédit agricole détient un peu plus de 20%.

Celles des pôles services financiers spécialisés et gestion d'actifs-assurance-banque privée ont reculé pour leur part de respectivement 5,1% et 8,7%.

L'augmentation de capital bouclée en juillet dernier a permis de porter le ratio Tier One de la banque à 8,9%, alors qu'il se situait à 8,1% à fin 2007.

Crédit agricole SA a indiqué d'autre part avoir entamé le programme de cessions d'actifs d'un montant de cinq milliards d'euros annoncé en même temps que son appel au marché, avec son désengagement de Mastercard au cours de l'été.

Le directeur financier, Bertrand Badré, a déclaré au cours d'une conférence téléphonique que cette cession, qui représente moins de 10% du programme annoncé, avait généré une plus-value dont il s'est refusé à préciser le montant. Elle sera enregistrée dans les comptes du troisième trimestre. /YLG

Yann Le Guernigou, édité par Jacques Poznanski

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