27 janvier 2009 / 15:25 / il y a 9 ans

Banque - Mauvaises créances, un risque majeur pour 2009/Groupama

PARIS, 27 janvier (Reuters) - Après avoir vu les dépréciations d'actifs plomber leurs comptes en 2008, les banques européennes affronteront cette année des défaillances dans leurs portefeuilles de prêts en raison de la crise économique, estiment les analystes de Groupama Asset Management.

"Les banques ont créé la crise économique qui va à nouveau leur tomber dessus. On va avoir une très forte montée des créances douteuses", a déclaré mardi Marie-Pierre Peillon, responsable de l'analyse financière et crédit de Groupama AM lors d'une conférence de presse sur les banques européennes.

"Cette crise, longue et profonde, remet en cause un modèle de développement, un modèle de croissance, un modèle de financement des banques", a-t-elle ajouté.

Pour Groupama AM, le ralentissement de l'activité économique et les pertes sur les portefeuilles de crédit vont par conséquent déboucher sur une crise bancaire plus classique.

"2009 sera une année où l'on va avoir des pertes très élevées sur les portefeuilles des prêts, au niveau des prêts aux particuliers, aux entreprises et aux pays émergents", a poursuivi Marie-Pierre Peillon.

L'analyste précise toutefois qu'en Europe, les défauts sur le crédit aux particuliers affecteront surtout les secteurs bancaires les plus exposés à la bulle immobilière, à savoir l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Irlande.

"Pour les autres, le risque sur les prêts immobiliers paraît gérable", a-t-elle souligné.

Dans la catégories des prêts aux entreprises, la société de gestion et ses analystes mettent également en garde contre les défauts sur la dette LBO (leveraged-buy out) dans les opérations de rachat d'entreprises par endettement.

"Dans une récession très forte, il est évident qu'un certain nombre de LBO vont exploser en vol et aboutir à des défaillances", a déclaré la responsable de l'analyse financière de Groupama AM.

Dans ce climat de récession économique, les banques européennes devraient dans leur ensemble enregistrer une "brutale remontée du coût du risque et des provisions" pour mauvaises créances dans leurs résultats.

Groupama AM s'attend du coup pour les banques européennes à un coût du risque de l'ordre de 150 points de base. D'après Groupama, ce scénario aboutirait alors à une baisse d'environ 49% des bénéfices par action de ces établissements en 2009.

"Sur le portefeuille de prêts, nous allons avoir des pertes qui vont se matérialiser au cours de l'exercice 2009. Ces pertes affecteront à nouveau la solvabilité des banques", a prévenu Marie-Pierre Peillon.

En revanche, les dépréciations d'actifs, qui ont été en 2008 la préoccupation majeure des banques en raison de la crise sur les marchés du crédit, vont progressivement ralentir cette année, même si les comptes du quatrième banque devraient encore en pâtir, a estimé Patrick Goux, analyste financier et crédit.

Les experts de Groupama AM considèrent également que pour sortir de la crise, les banques européennes doivent isoler leurs "actifs toxiques" ou risqués, en créant notamment des structures de défaisance.

"Pour faire une croix sur le passé, il faut sortir les actifs toxiques des bilans", a insisté Marie-Pierre Peillon.

"La mise en place de structures de 'defaisance' sera le seul moyen de mettre fin aux dépréciations et aux augmentations de capital", a-t-elle ajouté.

Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot

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