27 janvier 2009 / 14:23 / il y a 9 ans

Gestion - LCF Rothschild voit des opportunités d'acquisitions

par Pascale Denis

PARIS, 27 janvier (Reuters) - La Compagnie Financière Edmond de Rothschild estime que la crise et les mouvements de restructuration qu‘elle entraîne dans le domaine de la gestion d‘actifs présentent des opportunités d‘acquisitions, notamment en Europe.

“Il va y a voir des restructurations dans les petites et moyennes sociétés de gestion et dans les grandes, beaucoup veulent vendre leur gestion. Il y a peut-être des opportunités d‘acquisition”, a déclaré mardi Samuel Pinto, directeur général adjoint de la banque, au lendemain de l‘annonce de la fusion des gestions de la Société générale (SOGN.PA) et du Crédit agricole (CAGR.PA).

“Nous regardons des dossiers, pas forcément en France. L‘Italie nous intéresse, l‘Espagne aussi”, a-t-il précisé à Reuters.

Il a également dit l‘intérêt de LCF Rothschild pour une montée en puissance des activités de banque privée du groupe, via de possibles acquisitions.

La banque privée présente l‘avantage d’être moins cyclique que la gestion collective dans les flux de collecte qu‘elle génère - provenant le plus souvent de cessions d‘entreprises - même si sa rentabilité n‘est pas épargnée par la crise, du fait du basculement des clients vers des produits sans risques, à faibles marges.

Le pôle de gestion privée de la banque a d‘ailleurs engrangé une collecte nette positive de 800 millions d‘euros en 2008, pour des encours - gérés ou conseillés, c‘est à dire ouverts aux fonds tiers - qui ont reculé de 10% à près de 9,0 milliards d‘euros en raison d‘un effet de marché négatif.

MADOFF

Michel Cicurel, président du directoire, a précisé en réponse à une question que les clients de la banque privée avaient investi 40 millions d‘euros dans des produits du financier américain Bernard Madoff, soupçonné d‘avoir organisé une des plus grandes escroqueries financières de l‘histoire.

Sur ce total, 27 millions d‘euros étaient détenus via un fonds dédié à la clientèle privée, le solde ayant été investi en direct. “Nous nous joindrons aux procédures judiciaires. Nous sommes en train de les évaluer”, a-t-il ajouté.

Samuel Pinto a précisé que le bilan de la banque n‘avait pas été affecté par la crise, LCF Rothschild n‘ayant pas passé de provisions sur les subprimes grâce à une “gestion conservatrice et un strict contrôle des risques”.

“La maison résiste, même si elle subit les dégâts collatéraux de la crise”, a observé Michel Cicurel

Il a précisé que la finalisation de l‘accord stratégique signé en septembre 2008 avec la Bank of China, qui avait été initialement fixée au 31 décembre 2008, avait été reportée au 31 mars.

Il a dit ignorer les raisons de ces délais, les autorités de régulation chinoises ayant donné leur feu vert à l‘opération.

Aux termes de cet accord, la BoC doit prendre une participation de 20% dans l’établissement français choisi pour développer les métiers de banque privée et de gestion d‘actif de la banque chinoise dans son pays.

ENCOURS

Malmené, comme l‘ensemble des gérants d‘actifs, par l‘effondrement des marchés financiers en 2008, LCF Rothschild a vu ses encours totaux reculer de 23,5% l‘an dernier, à 22,6 milliards d‘euros, avec un effet de marché négatif de 21,5%.

La décollecte nette a été de 600 millions d‘euros (environ 2% des encours de la fin 2007).

En gestion d‘actifs, toutes classes confondues, la baisse a été plus marquée (-27% à près de 19 milliards d‘euros). En raison notamment d‘une forte exposition aux actions asiatiques, qui ont plongé de plus de 50% l‘an dernier, la baisse des encours du pôle actions et fonds diversifiés a atteint plus de 40% à 7,0 milliards d‘euros, avec une décollecte sur les seuls OPCVM actions d‘environ 600 millions d‘euros (5% de la fin des encours de la fin 2007).

Le pôle multigestion a vu les siens baisser de plus de 30% à 2,7 milliards d‘euros, avec une décollecte comptant pour environ un tiers du recul. Les encours de la gestion de produits de taux et de crédit ont baissé de 16,7%, affectés par l’écartement des spreads sur les obligations privées, tandis que ceux de la gestion structurée sont restés stables à 2,9 milliards.

Dans le non côté, les encours étaient de 1,5 milliards à la fin de l‘an dernier.

Édité par Jacques Poznanski

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