27 août 2008 / 06:29 / il y a 9 ans

LEAD 2 CNP lisse les effets de la crise financière au S1

(Actualisé avec les déclarations du président, analyste et cours de Bourse)

par Pascale Denis PARIS, 27 août (Reuters) - CNP Assurances (CNPP.PA) a annoncé sans surprise mercredi un résultat net stable au premier semestre grâce à une reprise de provision destinée à compenser les effets fortement négatifs de la crise financière.

Le numéro un français de l'assurance de personnes a également confirmé son objectif d'un résultat net courant en hausse d'au moins 10% sur l'ensemble de l'année, sauf "aggravation sensible" de la crise financière.

Le groupe avait dit tabler, début août à l'occasion de la publication de son chiffre d'affaires, sur un bénéfice net peu changé sur six mois, annonçant qu'une reprise de provision technique permettrait de compenser la baisse de la valeur des actions du portefeuille de trading.

Le résultat net est ainsi ressorti à 574 millions d'euros, en hausse de 1,1% et le net courant à 756 millions, en progression de 86% après une reprise de provision de 307 millions d'euros, contre une dotation de 194 millions d'euros un an auparavant.

Les effets de la baisse des marchés financiers sur les portefeuilles de trading ont eu un impact négatif de 182 millions d'euros (contre un impact positif de 162 millions d'euros un an auparavant) et les dépréciations sur actions ont totalisé 91 millions d'euros.

Hors retraitements de la crise financière, le résultat net courant s'inscrit en hausse de 9,1% sur six mois à 633 millions d'euros.

SURPERFORMANCE

Après des résultats jugés sans grande surprise par les analystes, le titre recule de 2,6% à 78,76 euros sur des prises de bénéfices à la Bourse de Paris vers 12h20, après une nette surperformance par rapport au secteur de l'assurance.

La valeur limite en effet son repli à 9% depuis le début de l'année, alors que l'indice européen de l'assurance .SXIP abandonne plus de 24% sur la même période.

"Le titre a profité de son statut défensif. Les résultats ayant été largement annoncés, on a logiquement des prises de bénéfices", indique un analyste.

Gilles Benoist, directeur général de l'assureur, a rappelé lors d'une conférence de presse que la CNP avait été "extrêmement prudente dans l'utilisation des produits de titrisation". "Ce qui nous touche, ce ne sont pas les subprimes mais la chute des marchés et ses incidences sur la volatilité des résultats", a-t-il souligné.

Indiquant que la CNP avait constitué d'importantes provisions par le passé, dans le cadre de sa politique de réserves sur le long terme, il a tenu à souligner que le recours aux reprises de provisions "ne suffirait pas si la CNP était fragilisée. Ce qui n'est pas le cas".

Gilles Benoist a également souligné qu'avec la crise financière, nombre d'établissements bancaires s'ouvraient au partage du capital de leurs filiale d'assurance vie, voire à leur cession totale, et que si les occasions d'acquisitions étaient peu nombreuses l'an dernier, "il était difficile aujourd'hui de faire le tri entre les très nombreux dossiers".

LES PRIX D'ACQUISITION "RESTENT ELEVES"

Il a précisé que, conformément au plan stratégique de croissance externe de CNP, le groupe regardait toutes les opportunités mais que, malgré la crise, les prix demandés restaient encore élevés.

"Notre croissance externe doit être un relai de croissance rentable", a-t-il ajouté, se disant ouvert à des offres communes avec des assureurs non-vie.

Un peu plus tôt, Antoine Lissovski, directeur financier du groupe, avait précisé lors d'une conférence téléphonique que la reprise de provision du premier semestre ne changeait en rien la position réglementaire de CNP Assurances vis-à-vis des exigences des autorités de tutelles de l'assurance.

Il avait également tenu à préciser que la crise financière n'affectait pas la solvabilité du groupe et que les moteurs de la croissance du résultat net courant étaient "toujours présents", en particulier la progression des encours moyens (+6,3%), qui représentent plus de 80% des revenus.

"Les activités de risque (prévoyance, dépendance, assurance emprunteur) comptent pour 30% du résultat brut d'exploitation (...) et l'international pour environ un quart", a-t-il précisé.

"Ces sont des moteurs moins visibles (que celui de l'épargne) et qui nous permettent d'être confiants", a-t-il dit.

Touchée par la forte baisse du marché de l'assurance vie, en France comme en Italie et la concurrence des produits bancaires de court terme, la CNP entend "tout mettre en oeuvre" pour limiter l'impact de cette concurrence, a déclaré Gilles Benoist.

Une adaptation des produits d'épargne et de nouvelles campagnes de publicité seront mises en place. La CNP entend aussi assurer sa présence sur l'épargne de long terme liée à la retraite (avec un projet de partenariat avec Mederic et Malakoff) et à la dépendance, dont les modalités de couverture font l'objet de discussions avec les pouvoirs publics. /PD

Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below