26 février 2009 / 13:47 / il y a 8 ans

LEAD 3 Pérol à la tête d'Ecureuil/Banque pop, pertes historiques

* Pertes historiques pour les deux mutualistes

* Pérol nommé à la tête des deux groupes

* Accord définitif à la fin du 1er semestre

* Actifs immobiliers exclus, 17,7% de CNP apportés

par Matthieu Protard et Julien Ponthus

PARIS, 26 février (Reuters) - François Pérol a officiellement pris jeudi les commandes de la deuxième banque française qui naîtra du rapprochement des Banques populaires et des Caisses d'épargne alors que ces dernières ont dévoilé le même jour des pertes historiques pour 2008.

François Pérol assurera ainsi la présidence du directoire du nouvel organe centrale Banques populaires-Ecureuil dont les comptes ont été plombés l'an dernier par les pertes enregistrées par leur filiale commune Natixis (CNAT.PA) dans les activités de marché.

En attendant la naissance effective du nouveau groupe, prévue pour la fin du premier semestre, le secrétaire général adjoint de l'Elysée cumulera les postes de directeur général de la Banque fédérale des Banques populaires et de président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'épargne.

Dans un communiqué commun, les deux banques mutualistes ont confirmé que l'Etat français allait participer à la création de la nouvelle banque en injectant jusqu'à cinq milliards d'euros via la souscription de titres de dette hybrides et d'actions de préférence.

L'Etat aura ensuite, à l'échéance de trois à cinq ans, la possibilité de convertir ces actions de préférence en actions ordinaires avec droit de vote, avec à la clé jusqu'à 20% du capital du nouveau groupe.

Il sera également présent aux organes de direction. Sur les dix-huit membres qui composeront le conseil de surveillance, l'Etat en désignera quatre.

Les Banques populaires et les Caisses d'épargne se partageront à parité les quatorze sièges restants. En plus de ces 18 sièges, les salariés auront deux représentants.

La présidence de ce conseil de surveillance sera assurée, à tour de rôle tous les deux ans, par les Banques populaires et les Caisses d'épargne. C'est Philippe Dupont, le patron des Banques populaires, qui prendra la première présidence.

INTENSES PRESSIONS POLITIQUES

Après plusieurs semaines d'intenses pressions du gouvernement et de l'Elysée, les deux banques ont fini par détailler le projet d'une fusion, annoncée début d'octobre mais qui butait depuis sur des questions de valorisation et de périmètre d'apports.

Jeudi soir, la ministre de l'Economie Christine Lagarde s'est, dans un commmuniqué, félicitée de cet accord entre les deux établissements, soulignant toutefois que la participation de l'Etat n'avait pas vocation à "devenir un investissement de long terme".

La mise en place du nouveau groupe et la nomination de François Pérol comme homme fort de la deuxième banque française, derrière le Crédit agricole (CAGR.PA), interviennent toutefois sur fond de vives polémiques sur le respect des règles de déontologie de la fonction publique.

Le président de la commission de déontologie a ainsi exprimé des doutes sur la nomination de François Pérol à la tête de la banque et mis en garde contre un possible risque pénal, selon le journal Le Monde.

Les deux groupes sont par ailleurs tombés d'accord. Les filiales spécialisées sont, exclus pour le moment, du périmètre de fusion. Les 17,7% de CNP Assurances détenus par l'Ecureuil sont en revanche apportés, ce qui devrait contraindre les Banques populaires à verser une soulte. [ID:nLQ295679]

Lors d'un déjeuner avec la presse, Philippe Dupont a rappelé que les réseaux d'agences des deux groupes allaient conserver leur indépendance.

"Dans ce nouvel ensemble, les réseaux restent indépendants. Il est hors de question de fusionner les réseaux", a-t-il insisté.

DES COMPTES PLOMBÉS PAR NATIXIS

Bernard Comolet, le patron des Caisses d'épargne, a quant à lui été contraint de démissionner pour laisser sa place.

Son groupe a fait état pour 2008 d'une perte de deux milliards d'euros en 2008 causée à la fois par la perte de trading de 752 millions d'euros en octobre et par une dépréciation liée aux pertes essuyées par Natixis dont François Pérol présidera également le conseil de surveillance.

Les Banques populaires ont de leur côté accusé une perte nette de 468 millions d'euros l'an passé, après avoir passé une dépréciation de survaleur de 324 millions liée à Natixis. [ID:nLQ475270]

Détenue à 71% par les deux établissements mutualistes, Natixis a annoncé 2,8 milliards de pertes, soit nettement plus que ce qu'attendait le marché. La banque d'investissement a été introduite en Bourse à 19,55 euros en décembre 2006 mais ne vaut plus aujourd'hui que 1,10 euro.

Outre son augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros de septembre dernier, la banque a reçu de ses deux grands actionnaires 1,9 milliard d'euros de fonds propres supplémentaires dans le cadre du plan de soutien public au secteur bancaire.[ID:nLQ266344]

(Pour la chronologie des événements liés à la fusion, cliquer sur [ID:nLQ83254])

(Pour le portrait de François Pérol, cliquer sur [ID:nLP240826])

Édité par Jacques Poznanski et Jean-Michel Bélot

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