February 26, 2009 / 4:43 PM / 8 years ago

BNP/Fortis - Les négotiations continuent, l'incertitude aussi

4 MINUTES DE LECTURE

par Julien Ponthus

PARIS, 26 février (Reuters) - Les négociations entre l'Etat belge et BNP Paribas (BNPP.PA) visant à conclure la vente des actifs principaux de Fortis FOR.BR se poursuivaient jeudi dans un climat d'incertitude totale quant à leur issue et ce, à moins de trois jours de la date butoir fixée par les deux parties.

Les porte-parole des deux groupes bancaires se refusaient toujours jeudi à faire le point sur les pourparlers même si du côté de Fortis le discours était plus optimiste et volontaire que chez BNP.

"Nous attendons avec une grande espérance que cela aboutisse mais je ne peux pas m'engager sur la possibilité d'obtenir un accord", a ainsi déclaré un porte-parole de Fortis.

Les principaux membres du gouvernement belges ont réitéré leur soutien à l'opération depuis que les actionnaires ont rejeté le 11 février une transaction vécue par certains petits porteurs comme une spoliation de leur épargne.

Placement réputé sûr et de "bon père de famille" en Belgique au même titre par exemple que les actions du groupe chimique Solvay (SOLB.BR), l'action Fortis ne vaut plus aujourd'hui qu'environ 1,2 euro contre près de 15 euros il y a un an.

Les concessions consenties et annoncées par la BNP et la Belgique le 30 janvier n'ont pas réussi à convaincre des actionnaires qui se battent pour une amélioration substantielle des termes de l'accord.

La presse belge a fait ses gros titres cette semaine sur le coût social qui serait induit par l'échec des négociations, agitant le spectre de 5.500 suppressions de postes en trois ans contre 3.000 si la BNP remportait la partie.

Pour autant le camps du "non" reste fermement hostile à la banque dirigée par Baudouin Prot.

Rentrez Chez Vous !

"Messieurs les Français, rentrez chez vous !" aurait ainsi lancé selon la presse belge Mischaël Modrikamen, l'avocat vedette des actionnaires minoritaires.

Si la BNP a déclaré être allée aux limites des concessions qu'elle pouvait supporter, certains observateurs notent que toutes les autres parties ont intérêt à trouver un nouveau compromis et à définitivement tourner la page du "Fortisgate".

Mais pour certains analystes, BNP a tiré ses dernières cartouches.

"Je pense que la BNP n'ira pas plus loin en terme de concessions et je suis donc assez pessimiste", commentait jeudi un analyste financier basé à Paris pour qui la banque française devrait vraisemblablement se résoudre à tourner la page.

Les analystes s'accordent à dire que l'opération n'est pas une nécessité pour la BNP qui peut continuer seul son chemin même si elle aurait pu devenir la première banque de dépôt de la zone euro grâce à la transaction.

En raison des concessions proposées par BNP Paribas et des pertes essuyées par Fortis, l'acquisition - si elle a lieu - n'améliorera pas les ratios de fonds propres de la banque.

La menace d'une augmentation de capital pressentie par certain analystes reste donc entière, que les négociations se concluent favorablement ou non.

Édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below