February 26, 2009 / 7:11 AM / 8 years ago

LEAD 2 Natixis-Lourde perte sur fond de fusion des actionnaires

6 MINUTES DE LECTURE

* Pertes supérieures aux attentes

* Pas de retrait de la cote prévu

* La fusion Banques Populaires/Caisses d'épargne soutient le cours

par Matthieu Protard

PARIS, 26 février (Reuters) - Natixis (CNAT.PA) a annoncé jeudi de lourdes pertes, nettement supérieures aux attentes du marché, en raison de la crise financière, sur fond de fusion à marche forcée de ses deux grands actionnaires, les Banques populaires et les Caisses d'épargne.

La banque, détenue à 71% par les deux établissements mutualistes, a enregistré pour le quatrième trimestre une perte nette part du groupe de 1.617 millions d'euros portant sa perte nette à 2.799 millions d'euros pour l'ensemble de l'exercice.

Le consensus Reuters tablait sur une perte nette moyenne de 1.919,88 millions d'euros.

Interrogé lors d'une conférence de presse sur les conséquences pour Natixis du rapprochement de ses deux grands actionnaires, Dominique Ferrero, son directeur général, a simplement indiqué que cette fusion n'entraînerait pas de changement majeur dans la stratégie de Natixis.

Il a en revanche refusé de commenter d'éventuels changements dans la gouvernance de la banque, née fin 2006 du rapprochement des activités de banque de gros des Banques populaires et des Caisses d'épargne.

Une source proche des discussions de la fusion Banques populaires-Ecureuil avait indiqué à Reuters dimanche que Dominique Ferrero pourrait devenir président du directoire de Natixis en plus de ses fonctions actuelles de directeur général.

François Pérol, le secrétaire général adjoint de l'Elysée, pressenti pour prendre la direction de la nouvelle banque, pourrait de son côté être nommé président du conseil de surveillance de Natixis.

PAS DE RETRAIT DE LA COTE PRÉVU

Natixis a une nouvelle fois écarté tout projet de retrait de la cote, en dépit d'un parcours boursier qui a vu le cours de son action s'effondrer à un euro, bien loin des 19,55 euros lors de son introduction en Bourse en décembre 2006.

"Le retrait de la cote n'est pas d'actualité", a déclaré Dominique Ferrero.

Vers 12h20, le titre reprenait quelques couleurs, avec une progression de 5,6% à 1,1 euro, soutenu par le projet de fusion de ses deux maisons mères, qui la protège contre le risque de faillite. Il chute toutefois encore de 12% depuis le début de l'année, après une descente aux enfers de 86% l'an dernier.

Touchée de plein fouet par la crise financière dans ses activités de marché, Natixis a été en l'espace de quatre mois recapitalisée à hauteur de 5,6 milliards d'euros.

Outre son augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros de septembre dernier, la banque a reçu de ses deux grands actionnaires 1,9 milliard d'euros de fonds propres supplémentaires dans le cadre du plan de soutien public au secteur bancaire.

"La quote-part de la deuxième tranche de l'aide de l'Etat qui reviendra à Natixis n'a pas encore été décidée", a fait savoir Dominique Ferrero.

Dans le cadre de cette nouvelle tranche, l'Etat a prévu d'allouer deux milliards et demi d'euros aux Banques populaires et aux Caisses d'épargne, soit 500 millions de plus que la première tranche de décembre dernier.

Son ratio de solvabilité "tier one" s'élève ainsi à 8,2% au 31 décembre 2008, pour un ratio "core tier one" de 5,9%.

Pas De Cession Dans La Gestion D'actifs

Prié de dire s'il envisageait une réorganisation de sa gestion d'actifs, à l'image du rapprochement en cours dans ces activités entre Société générale (SOGN.PA) et Crédit agricole CAGR., Dominique Ferrero a écarté tout projet de cession.

"Le groupe n'entend pas être amputé dans la gestion d'actifs", a-t-il souligné.

Mercredi soir, Natixis a par ailleurs annoncé être entrée en négociations exclusives avec le Crédit agricole (CAGR.PA) pour lui céder une participation de 35% dans CACEIS, spécialisée dans la conservation de titres. La transaction s'élève à 595 millions d'euros. [ID:nLP849849]

L'an dernier, du fait des lourdes pertes de ses activités, Natixis a entamé un vaste recentrage de sa banque de financement et d'investissement (BFI).

Dans le cadre de ce recentrage, la banque a procédé à un cantonnement de 19 milliards d'euros d'actifs financiers gérés en extinction, montant qui a été porté à 31 milliards.

Elle prévoit aussi de réduire de 14% ses effectifs en BFI, 800 postes devraient ainsi être supprimés d'ici la mi-2010.

Plus globalement, Natixis prévoit de supprimer cette année 1.100 postes, ce qui ramenera ses effectifs à environ 21.000 personnes fin 2009.

Matthieu Protard, édité par Jacques Poznanski et Jean-Michel Bélot

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