25 novembre 2008 / 07:43 / dans 9 ans

LEAD 5 Axa abaisse fortement sa prévision de résultat 2008

* Prévision de résultat opérationnel 2008 abaissée

* Objectifs du plan 2012 rendus obsolètes par les marchés, pas de nouveaux objectifs pour l‘instant

* Le groupe estime que son bilan et sa marge de solvabilité lui permettent d‘absorber d‘autres chocs de marchés

(actualisé avec commentaires d‘analystes)

par Pascale Denis

PARIS, 25 novembre (Reuters) - Confronté à l‘aggravation de la crise financière, Axa (AXAF.PA) a été contraint d‘abaisser sa prévision de résultat opérationnel 2008 et a déclaré que ses objectifs financiers de long terme n’étaient plus d‘actualité.

Le groupe d‘assurance a annoncé mardi qu‘il tablait désormais sur un résultat opérationnel compris entre 3,6 et 4,0 milliards d‘euros cette année, alors qu‘il avait dit anticiper, en août dernier, un résultat stable par rapport aux 4,9 milliards de 2007 à condition toutefois que les marchés financiers se stabilisent.

Le groupe a également reconnu que la chute des marchés rendait “de plus en plus obsolètes” les hypothèses sur lesquelles était fondé son plan stratégique de long terme 2004-2012, durant lequel il comptait doubler son chiffre d‘affaires et tripler son résultat opérationnel par action.

Henri de Castries, président du directoire d‘Axa, a déclaré à Reuters, lors d‘une interview téléphonique, que le groupe ne se fixait pas, pour l‘instant, de nouveaux objectifs de long terme et qu‘il le ferait dès que le marché se stabiliserait.

Il a précisé que les aspects industriels et commerciaux du plan stratégique étaient maintenus et que “les efforts visant à améliorer la productivité et la situation compétitive du groupe” n‘avaient “pas de raisons d’être remis en cause”.

“Le monde est dans une situation de crise financière qui n‘a pas beaucoup de précédent mais le groupe reste profitable, dans des circonstances de marché extrêmes”, a-t-il tenu à souligner.

Ces annonces n‘ont guère surpris les analystes, l‘un d‘entre eux jugeant même “qu‘il était temps que le groupe révise à la baisse ses perspectives, alors que l‘ensemble du secteur avait déjà tiré un trait sur 2008” compte tenu de la dégradation des marchés financiers.

PERSPECTIVES 2009

Pour 2009, Henri de Castries estime que les activités d‘assurance dommage du groupe devraient “rester bonnes”, même si la crise pourrait “marginalement” les affecter.

En assurance vie et gestion d‘actifs, la chute des marchés aura un impact sur la profitabilité, le niveau des commissions perçues étant réduit par la baisse de la base des actifs gérés.

“A l‘inverse, un certain nombre d’éléments négatifs exceptionnels qui ont affecté 2008 ne devraient pas se reproduire”, a ajouté Henri de Castries, faisant notamment allusion à l‘effondrement des marchés d‘actions.

Le président du directoire d‘Axa se veut cependant confiant dans les perspectives des activités vie-épargne-retraite qui restent, selon lui, “un secteur de croissance car le besoin d’épargne n‘est pas réduit par la crise”.

Pour protéger sa rentabilité, le groupe d‘assurance entend mettre l‘accent sur la gestion des risques, notamment sur la couverture des “variable annuities” aux Etats-Unis (produits d’épargne assortis de garanties) qui auront coûté au groupe entre 500 et 600 millions d‘euros en 2008 en raison de la très forte volatilité des marchés d‘actions et de taux d‘intérêt, et sur la maîtrise de ses dépenses, plus particulièrement en gestion d‘actifs et en assurance vie.

Axa assure par ailleurs que son bilan reste solide, avec une marge de solvabilité d‘environ 135% (ratio Solvabilité 1 à fin octobre 2008) lui donnant “la capacité d‘absorber d‘autres chocs de marchés”.

ANTICIPATIONS D‘UNE BAISSE DU DIVIDENDE

Henri de Castries a affirmé à Reuters qu‘Axa n‘avait “pas besoin de faire d‘augmentation de capital pour augmenter sa solvabilité malgré le niveau de marché très déprimé d‘aujourd‘hui”.

Les analystes estiment que, dans ces conditions, le groupe d‘assurance n‘aura guère d‘autre choix que d‘abaisser son dividende.

“S‘ils ne font pas d‘augmentation de capital, il n‘auront pas beaucoup d‘autre choix que de baisser le dividende. Dans la méthode de calcul du ratio de solvabilité, rien n‘est retenu pour le dividende”, déclare un analyste qui a souhaité garder l‘anonymat.

La moyenne des anticipations des analystes se situe, selon lui, autour de 80 centimes par action, après 1,2 euro en 2007.

Interrogé sur de possibles acquisitions, Henri de Castries, qui avait affirmé que la crise créerait des opportunités et avait notamment évoqué un intérêt pour certains actifs d‘AIG aux Etats-Unis ou en Asie, s‘est refusé mardi à tout commentaire, se contentant de réaffirmer que la politique d‘Axa en la matière demeurait de réaliser des opérations relutives sur le résultat.

Axa a indiqué que sa prévision de résultat 2008 tenait compte, outre les coûts non récurrents liés à la couverture des “variable annuities”, de la baisse des commissions sur les actifs gérés (entre 300 et 400 millions d‘euros) ainsi que de l‘ajustement des frais d‘acquisitions reportés (entre 200 et 300 millions).

En Bourse, le titre cède 5% à 12,75 euros vers 15h15, après avoir perdu plus de 14% peu après l‘ouverture du marché, alors que le CAC avance de 2,24% et que l‘indice DJStoxx de l‘assurance .SXIP prend 0,2% au même moment. /PD

édité par Jacques Poznanski

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