24 novembre 2008 / 05:17 / dans 9 ans

LEAD 4 Citigroup, géant bancaire américain, sauvé par l'Etat

* Citigroup va émettre pour $27 milliards d‘actions préférentielles et limiter son dividende.

* L‘action gagnait plus de 60% en matinée à Wall Street.

* Pas de changement en vue à la direction.

par Dan Wilchins et Jonathan Stempel

NEW YORK, 24 novembre (Reuters) - Franchissant une nouvelle étape dans le sauvetage du secteur financier, l‘Etat fédéral américain va injecter 20 milliards de dollars de capitaux dans Citigroup (C.N) et assumer l‘essentiel des pertes potentielles sur un portefeuille de 306 milliards de dollars d‘actifs risqués de la banque, un plan salué par Wall Street lundi.

En milieu de matinée à New York, l‘indice Dow Jones .DJI gagnait près de 3,7% et l‘action Citigroup, massacrée ces dernières semaines, s‘envolait de plus de 60%. Parallèlement, le coût d‘une protection contre un risque de défaut du groupe chutait de moitié environ.

Avant son rebond spectaculaire, l‘action Citigroup avait chuté de près de 60% la semaine dernière, portant à 87% son recul depuis le début de l‘année.

Le nouveau plan dévoilé par Washington est à ce jour la plus grosse opération de sauvetage d‘une banque jamais entreprise par le gouvernement.

Les 20 milliards injectés par les pouvoirs publics s‘ajoutent aux 25 milliards déjà fournis auparavant à la banque dans le cadre du plan Paulson d‘aide au secteur financier. L‘Etat fédéral détiendra ainsi 7,8% du capital du groupe et ses titres lui assureront un dividende 8%.

En outre, Citigroup ne pourra pas verser de dividende de plus d‘un cent par action ordinaire par trimestre pendant une durée de trois ans sans l‘accord du département du Trésor. Le dernier dividende trimestriel annoncé par Citigroup était de 16 cents par action.

La semaine dernière, le directeur général Vikram Pandit avait annoncé un nouveau plan massif de réduction des effectifs, qui doit ramener ceux-ci à 300.000 personnes contre 375.000 fin 2007.

EVITER UNE NOUVELLE “GRANDE DEPRESSION”

Citigroup est la plus internationale des banques américaines, présente dans plus de 100 pays. Les conséquences d‘une faillite auraient été trop graves, estiment de nombreux analystes, en référence au principe du “too big to fail” (trop gros pour faire faillite) qui a déjà conduit Washington à sauver les groupes de refinancement de crédit Fannie Mae et Freddie Mac puis l‘assureur AIG (AIG.N).

“Les autorités feront tout ce qu‘elles jugent nécessaire pour assurer que la Grande Dépression ne se reproduira pas”, commente Gavin Graham, directeur des investissements de BMO Asset Management. “L‘impact sur la confiance est trop important.”

L‘accélération de la chute boursière de Citigroup avait ramené sa capitalisation à 20,5 milliards de dollars la semaine dernière, un niveau inférieur aux 25 milliards d‘argent public déjà injectés dans l’établissement. Elle était de 270 milliards il y a deux ans.

Le président de la Réserve fédérale de New York Timothy Geithner, qui devait succéder à Henry Paulson au poste de secrétaire au Trésor, a participé de près à la mise en place du plan.

Celui-ci prévoit que Citigroup assumera les 29 premiers milliards de dollars de pertes sur un portefeuille de 306 milliards, plus 10% de pertes additionnelles, pour une exposition maximale totale de 56,7 milliards de dollars.

Les structures publiques vont quant à elles garantir 90% des pertes au delà des 29 milliards assumés par la banque: le Trésor américain pourrait au final absorber cinq milliards de dollars de pertes, la Federal Deposit Insurance Corp. (FDIC) 10 milliards de dollars et la Réserve fédérale le reste.

LES DIRIGEANTS RESTENT EN PLACE

Citigroup a estimé que l‘apport de capitaux frais allait lui permettre de porter son ratio de solvabilité Tier 1 à 14,8%, soit plus de deux fois le niveau plancher requis. La banque a ajouté qu‘elle bénéficierait aussi d‘un accès accru au guichet de refinancement de la Fed pour renforcer ses liquidités.

“Ce plan semble énorme dans sa taille et sa portée”, juge Tony Morriss, chez ANZ Bank, à Sydney. “Cela signifie-t-il que l‘aide à d‘autres institutions financières sera aussi importante ? Cela veut-il dire qu‘il y aura des problèmes supplémentaires concernant le calcul des actifs dits toxiques ?”

Pour David Forrester, chez Barclays Capital, “à court terme, cela réduit le risque systémique mais cela soulève des interrogations sur la signification de ces mesures pour le secteur à plus long terme”.

Dans un communiqué commun, la Réserve fédérale américaine, le département du Trésor et la FDIC ont jugé les décisions concernant Citigroup “nécessaires pour renforcer le système financier et protéger les contribuables américains et l’économie américaine”.

Les dirigeants de la banque américaine sont eux aussi relativement protégés: le groupe ne va pas modifier sa direction, ni remplacer son directeur général Vikram Pandit. Elle a accepté en contrepartie des restrictions concernant la rémunération de ses dirigeants. [ID:nLO460799]

“On voit une équipe dirigeante inepte récompensée par le gouvernement américain”, juge William Smith, patron de Smith Asset Management, qui détient des titres Citigroup. /SD/DRO/MA

version française Stanislas Dembinski et Marc Angrand

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