La politique de Sarkozy engendre les violences, dit Aubry

vendredi 24 avril 2009 10h59
 

PARIS, 24 avril (Reuters) - Martine Aubry appelle à calmer le jeu sur le terrain social et voit dans les violences de ces derniers jours le résultat de la politique "injuste" de Nicolas Sarkozy et de la "brutalité" du patronat.

La dirigeante socialiste, qui donnera ce vendredi le coup d'envoi de la campagne pour les élections européennes du 7 juin lors d'un meeting à Toulouse, a déploré sur RMC la plainte pour "séquestration" déposée par quatre cadres de Caterpillar (CAT.N: Cotation) retenus dans leurs bureaux le 31 mars.

"Aujourd'hui je n'aurais pas déposé plainte pour une raison extrêmement simple, parce que je pense qu'il faut calmer le jeu", a-t-elle expliqué.

Depuis quelques semaines, une demi-douzaine de séquestrations de dirigeants ont été recensées après l'annonce de plans sociaux mais le phénomène n'est pas nouveau en France. Après la période du front populaire de 1936, il est réapparu dans les années 1970 puis en 2000 et 2003, notamment.

Tout en affirmant qu'elle ne comprendrait jamais la violence, Martine Aubry a avancé : "quand on a pas de justice, il y a du désordre."

"Et ensuite M. Sarkozy nous expliquera, 'c'est pas bien le désordre, ce sont des problèmes d'insécurité'. Mais c'est son injustice, l'inefficacité de sa politique qui provoquent des violences", a-t-elle affirmé.

Elle a évoqué la "brutalité des chefs d'entreprise qu'on laisse faire", citant le cas de l'entreprise Molex MOLX.O de Toulouse dont les dirigeants sont passibles de délit d'entrave et ont raconté des histoires" aux salariés.

"Les dirigeants ne sont pas encore condamnés pour délit d'entrave alors que les salariés sont déjà devant les tribunaux", a-t-elle dit.

Martine Aubry a également souligné que des salariés de Continental (CONG.DE: Cotation), qui ont manifesté jeudi en Allemagne, avaient regretté le saccage de la sous-préfecture de Compiègne (Oise) et que la manifestation s'était déroulée dans le calme à Hanovre.   Suite...