24 octobre 2008 / 11:45 / il y a 9 ans

SYNTHESE 2 Les marchés plongent face à la contagion de la crise

* Les Bourses européennes et les indices à Wall Street dévissent face aux signes de contagion de la crise à l'économie réelle

* Les avertissements de sociétés se multiplient tandis que l'économie britannique semble s'être contractée au troisième trimestre

* Les chefs d'État et de gouvernement réunis au sommet Asie-Europe à Pékin étudient une riposte

PARIS, 24 octobre (Reuters) - Les Bourses à travers le monde creusent leurs pertes vendredi, les derniers indicateurs et la révision à la baisse des prévisions de bénéfices de plusieurs grandes entreprises renforçant l'idée que la crise financière est en train de se transformer en récession généralisée.

Vers 11h00 GMT, la Bourse de Paris chute de plus de 8,5%. Le CAC 40 .FCHI a même enfoncé en fin de matinée la barre des 3.000 points et retrouvé ses plus bas de la mi-2003.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 .FTEU3 dévisse quant à lui de 8%, la Bourse de Londres .FTSE de plus de 7% et Francfort .GDAX de plus de 9%. Le Micex russe et la Bourse de Bucarest ont suspendu leurs transactions.

Les contrats sur indices à Wall Street ont même tellement baissé au cours des transactions en Europe qu'ils ont dû être gelés à plusieurs reprises [nLO689485]. Ils perdent tous encore environ 6%. La Bourse de Tokyo .N225 a clôturé de son côté en chute libre de près de 10% à son plus bas niveau en cinq ans et demi.

L'indice Itraxx Europe ITEEU5Y=GF sur les CDS, qui mesure le coût de l'assurance contre le risque de défaut, grimpe pour sa part de plus de 10%.

Les craintes de récession ont trouvé un nouvel écho dans les avertissements de PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA) et Air France (AIRF.PA) sur leurs résultats, signe que la crise se ressent maintenant sur la performance des sociétés.

Le constructeur au lion a fortement réduit son objectif de marge 2008 et annoncé plusieurs mesures drastiques pour se préparer à une année 2009 difficile, avec notamment une réduction massive de 30% de sa production sur le sol européen par rapport à son objectif initial [nLO3962867]. L'action Peugeot chute de près de 11,5%.

Le suédois Volvo (VOLVb.ST), deuxième constructeur mondial de poids lourds, a de son côté revu en baisse ses prévisions de marché pour l'Europe et l'Amérique du Nord, après des résultats trimestriels nettement moins bons que prévu [nLO577446].

Air France plonge a prévenu qu'il lui serait très difficile d'atteindre son objectif de résultat d'exploitation sur l'exercice en cours à cause de la dégradation de la situation économique [nLO675413]. La compagnie a aussi annoncé un nouveau plan d'économies.

La crise n'est donc plus seulement financière - la détente se poursuivait d'ailleurs vendredi sur le marché interbancaire où les taux ont encore globalement baissé - mais commence à frapper tous les pans de l'économie réelle: l'électronicien coréen Samsung (005930.KS) a publié vendredi des résultats en chute libre de 44% au troisième trimestre [nLO651798] au lendemain d'un avertissement sur résultats spectaculaire du géant japonais du secteur Sony (6758.T) qui s'est soldé par une dégringolade de l'action de 13%, à un plus bas de 13 ans.

L'ACTIVITE EN EUROPE SE CONTRACTE

Les derniers indicateurs publiés encore noirci le tableau économique. Selon de premières estimations, l'économie britannique s'est contractée de 0,5% au troisième trimestre après une croissance nulle les trois mois précédents [nLO306339].

Le Royaume-Uni est le premier pays à annoncer une baisse de son produit intérieur brut (PIB) sur le trimestre juillet à septembre mais risque de ne pas être le seul. Selon les derniers indices PMI flash, l'activité économique du secteur privé de la zone euro a connu son pire accès de faiblesse en octobre depuis la création de l'Union monétaire.

Dans les services, l'activité ne s'était pas contractée aussi rapidement depuis octobre 2001, dans le sillage des attentats du 11 septembre, tandis que l'indice manufacturier s'est effondré à son plus bas niveau depuis que la statistique existe [nWEA3947]. En France, les PMI flash indiquent que l'activité du secteur privé en octobre s'est contractée pour le cinquième mois d'affilée [nLO663002].

"C'est fait, il est clair que nous entrons dans une récession", commente Gilles Moec, économiste chez Bank of America.

La nouvelle bouffée d'aversion au risque se traduit sur le marché des changes par un envol du yen, qui a gagné un temps jusqu'à 10% face au billet vert. L'euro est revenu quant à lui autour de 1,26 dollar.

RIPOSTE A L'ETUDE A PEKIN

A l'ouverture du sommet Asie-Europe pour coordonner une réponse à la crise, le président chinois Hu Jintao a souligné que les turbulences financières aggravaient également l'instabilité économique de la Chine, tout en précisant que ses fondamentaux restaient intacts.

"La croissance économique de la Chine est confrontée à une série de difficultés et de défis (...) Que l'économie chinoise se maintienne à un niveau robuste constitue en soi une importante contribution à la stabilité financière et au développement économique mondiaux", a-t-il déclaré.

Le sommet organisé à Pékin conclut une nouvelle semaine de forte volatilité sur les marchés de la planète, dominée cette fois par le thème d'une contagion de la crise aux marchés émergents, Chine en tête.

Les chefs d'État et de gouvernement de 43 pays d'Europe et d'Asie se sont engagés dans la capitale chinoise à coopérer pour réformer le système financier et monétaire international à trois semaines d'un sommet des principales économies du monde et à l'ensemble des secteurs de l'économie [nLO165273].

Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, a souhaité quant lui que les dirigeants européens et asiatiques réunis à Pékin présentent un "front commun d'initiatives" face à la crise. "Le monde va mal", a-t-il lancé. "Il va mal parce qu'il est face à une crise financière sans précédent dans sa gravité, dans sa soudaineté, dans sa violence et dans son déroulement."

La chancelière allemande, Angela Merkel, a pour sa part demandé une nouvelle "constitution" pour le système financier mondial et appelé à un renforcement du rôle du FMI.

Après les pays de la zone euro, qui ont adopté le 12 octobre une stratégie commune pour soutenir leur secteur bancaire, 13 pays d'Asie de l'Est ont annoncé vendredi la création d'un fonds de 80 milliards de dollars pour combattre les effets de la crise [ID:nLO329840]. En France, la SFFE, l'un des deux piliers du plan de soutien de l'État aux banques, a indiqué que sept établissements lui avaient demandé un total de cinq milliards d'euros [nLO662708]. /GG

Gilles Guillaume, édité par Jacques Poznanski

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