France - Le CESE pour un Etat présent dans les banques aidées

mardi 24 février 2009 15h17
 

PARIS, 24 février (Reuters) - Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a estimé mardi qu'il serait normal que l'Etat soit représenté au sein des établissements bancaires recevant des capitaux publics pour renforcer leurs fonds propres et leur permettre de surmonter la crise financière.

Le CESE, qui a publié un avis sur la crise bancaire et la régulation financière, recommande également que les banques privilégient le versement de dividendes sous la forme d'actions plutôt qu'en numéraire.

"A partir du moment où les Etats aident les banques, même s'il n'y a pas de nationalisation, il devrait y avoir la présence de quelqu'un qui représente les intérêts de l'argent public", a estimé Monique Bourven, rapporteure de la section des finances du CESE, lors d'une conférence de presse.

"S'il y a distribution de dividende, nous recommandons que ce soit des dividendes en actions", a-t-elle également ajouté.

L'Etat, qui est prêt à injecter dans les six grandes banques françaises une nouvelle enveloppe de dix milliards et demi d'euros, sous la forme de dette supersubordonnée ou d'actions de préférence, n'a pas assorti son plan d'une présence de ses représentants au sein de leurs organes de direction.

Fin janvier, le ministère de l'Economie avait fait savoir que l'Etat français ne demanderait de représentant au conseil d'administration de BNP Paribas (BNPP.PA: Cotation) malgré son entrée au capital de la banque dans le cadre du plan de soutien au secteur bancaire.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, n'a en revanche pas exclu la possibilité pour l'Etat d'avoir des représentants au sein du groupe qui naîtra du rapprochement des Banques populaires et des Caisses d'épargne, l'Etat pouvant apporter jusqu'à cinq milliards d'euros au futur numéro deux bancaire français derrière le Crédit agricole (CAGR.PA: Cotation).

Interrogée sur la possible nomination de François Pérol à sa tête, Monique Bourven a reconnu les "compétences" du secrétaire général adjoint de l'Elysée, rappelant toutefois qu'il y avait des règles à respecter dans la fonction publique.

"Monsieur Pérol est quelqu'un de très compétent. Mais il y a des règles dans la fonction publique", a-t-elle déclaré en faisant allusion à la commission de déontologie chargée de statuer sur les transferts des fonctionnaires vers la sphère privée.

"Les règles s'appliquent à tout le monde, même aux gens compétents", a-t-elle conclu.

(Matthieu Protard, édité par Jacques Poznanski)