Popular-Bond des créances douteuses au T3, le pire reste à venir

vendredi 24 octobre 2008 15h24
 

MADRID, 24 octobre (Reuters) - La banque espagnole Popular (POP.MC: Cotation) a annoncé vendredi un bond de ses créances non performantes au troisième trimestre suite à la faillite du promoteur immobilier Martinsa Fadesa, et prévenu que le ralentissement de l'économie freinerait la croissance de ses crédits l'an prochain.

Troisième banque d'Espagne par la capitalisation boursière, Popular a indiqué que le taux de créances douteuses dans son portefeuille de prêts avait atteint 2,19% fin septembre, contre 1,42% fin juin. A l'époque, la direction avait fixé pour objectif annuel une fourchette de 2,0 à 2,5%.

"2008 verra une augmentation intense des créances non performantes et cette tendance va se poursuivre pendant le premier trimestre", a prévenu le directeur général de Popular, Roberto Higuera.

La banque a néanmoins fait état d'une hausse de 3% de son bénéfice net à 956 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, un résultat légèrement inférieur au consensus des sept analystes interrogés par Reuters, qui donnait 974,8 millions.

Vers 13h00 GMT, l'action Popular chutait de 10,4%. A la même heure, l'indice DJ Stoxx des valeurs bancaires européennes dégringolait de 12,9% et la Bourse de Madrid dans son ensemble .IBEX abandonnait 7,7%.

Les banques espagnoles ont jusqu'ici relativement bien résisté à la crise financière mondiale mais le tarissement des liquidités a néanmoins contraint le gouvernement à annoncer comme ailleurs la création d'un fonds doté de jusqu'à 50 milliards d'euros pour aider le secteur. L'État va aussi garantir les nouveaux emprunts bancaires à hauteur de 100 milliards d'euros au maximum cette année. Le plafond pour 2009 reste à déterminer.

Aucune banque n'a jusqu'à présent fait appel au gouvernement, mais le secteur reste exposé à la crise du marché espagnol de l'immobilier, particulièrement brutale après dix ans de boom marqué par un triplement des prix grâce notamment à des conditions de crédit très accommodantes.

Le secteur de la construction représente environ 18% du produit intérieur brut (PIB) du pays. /GG

(Judy MacInnes, version française Gilles Guillaume)