24 octobre 2008 / 23:07 / dans 9 ans

SYNTHESE 4 Les marchés plongent, la crise économique se confirme

* Les marchés d‘actions ont fini en nette baisse

* Les avertissements de sociétés se multiplient. Le PIB britannique pourrait s’être contracté au troisième trimestre

* Les chefs d’État et de gouvernement réunis au sommet Asie-Europe à Pékin étudient une riposte

PARIS, 24 octobre (Reuters) - Les Bourses à travers le monde ont connu vendredi une nouvelle journée noire, les derniers indicateurs et la baisse des prévisions de bénéfices de plusieurs grandes entreprises renforçant l‘idée que la crise financière se transforme en crise économique généralisée.

Faute d‘acheteurs, la Bourse de Paris a perdu 3,54% à 3.193,79 points. Le CAC 40 .FCHI finit toutefois au-dessus de ses plus bas du jour puisqu‘il a enfoncé en fin de matinée la barre des 3.000 points et retrouvé son niveau de la mi-2003.

L‘indice paneuropéen FTSEurofirst 300 .FTEU3 a dévissé de 5,4%, la Bourse de Londres .FTSE de 5,6% et celle de Francfort .GDAX de près de 5%. Le Micex russe et la Bourse de Bucarest ont suspendu les transactions jusqu’à mardi.

A Wall Street, le Dow Jones .DJI a fini en repli de 3,59% et le Nasdaq Composite .IXIC de 3,23%. [ID:nLO273329]

La Bourse de Tokyo a dévissé de près de 10%, l‘indice Nikkei .N225 touchant son plus bas niveau en cinq ans et demi.

Selon des analystes, l‘idée que la récession qui se profile puisse être encore plus grave incite nombre d‘investisseurs à récupérer leurs placements. Pour faire face à cette décollecte de grande ampleur, les hedges funds et les fonds communs de placement liquident des positions, ce qui exagère le mouvement.

Autre marque de cette volatilité, le yen a gagné un temps jusqu’à 10% face au billet vert, profitant de la nouvelle bouffée d‘aversion au risque. L‘euro est revenu à 1,27 dollar.

Dans la perspective d‘un ralentissement économique généralisé, les matières premières continuent de se replier. Le baril de brut américain a fini en repli de 3,69 dollars, à 64,15 dollars, malgré l‘annonce d‘une réduction de la production de l‘Opep [ID:nLO695222].

L‘AUTOMOBILE VA MAL

La crise n‘est donc plus seulement financière - la détente se poursuivait d‘ailleurs vendredi sur le marché interbancaire où les taux ont encore globalement baissé - mais commence à frapper tous les pans de l’économie réelle.

L’électronicien coréen Samsung (005930.KS) a publié vendredi des résultats en chute de 44% au troisième trimestre [nLO651798] au lendemain d‘un avertissement sur résultats spectaculaire du géant japonais du secteur Sony (6758.T) qui s‘est soldé par une dégringolade de l‘action de 13%, à un plus bas de 13 ans.

Le secteur automobile est particulièrement touché. PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA) a fortement réduit son objectif de marge 2008 et annoncé plusieurs mesures drastiques, notamment une réduction massive de 30% de sa production sur le sol européen par rapport à son objectif initial [nLO3962867].

Renault (RENA.PA) va fermer temporairement plusieurs sites en France et à l’étranger pour s‘adapter à la baisse du marché automobile [nLO351087] tandis que General Motors (GM.N) et Chrysler tentent de s‘unir pour mieux résister [nLO113031].

Le suédois Volvo (VOLVb.ST), deuxième constructeur mondial de poids lourds, a revu en baisse ses prévisions de marché pour l‘Europe et l‘Amérique du Nord, après des résultats trimestriels nettement moins bons que prévu [nLO577446].

Air France (AIRF.PA) a prévenu qu‘il lui serait très difficile d‘atteindre son objectif de résultat sur l‘exercice [nLO675413]. La compagnie a annoncé un nouveau plan d’économies.

Les derniers indicateurs macro-économiques encore noirci le tableau. Selon de premières estimations, l’économie britannique s‘est contractée de 0,5% au troisième trimestre après une croissance nulle les trois mois précédents [nLO306339].

Le Royaume-Uni est le premier pays à annoncer une baisse de son produit intérieur brut (PIB) sur le trimestre juillet à septembre mais risque de ne pas être le seul.

Selon les derniers indices PMI, l‘activité économique du secteur privé de la zone euro a connu son pire accès de faiblesse en octobre depuis la création de l‘Union monétaire.

Dans les services, l‘activité ne s’était pas contractée aussi rapidement depuis octobre 2001, dans le sillage des attentats du 11 septembre, tandis que l‘indice manufacturier s‘est effondré à son plus bas niveau depuis que la statistique existe [nWEA3947] [nLO663002].

REFORMER LE SYSTEME

Face au nouveau coup de blues des places boursières, plusieurs responsables de la Banque centrale européenne ont pris la parole pour tenter de restaurer la confiance.

Christian Noyer, gouverneur de la banque de France, a assuré que les mesures vigoureuses déjà prises par l‘Eurosystème “auront clairement un impact très fort”, tandis que l‘Espagnol Jose Manuel Gonzalez-Paramo, membre du directoire de la BCE, a exhorté les autorités à ne pas paniquer afin de ne pas aggraver la confiance. “Gardons notre calme”, a-t-il lancé.

A l‘ouverture du sommet Asie-Europe pour coordonner une réponse à la crise, vendredi, le président chinois Hu Jintao a souligné que les turbulences financières aggravaient également l‘instabilité économique de la Chine, tout en précisant que ses fondamentaux restaient intacts.

“La croissance économique de la Chine est confrontée à une série de difficultés et de défis (...) Que l’économie chinoise se maintienne à un niveau robuste constitue en soi une importante contribution à la stabilité financière et au développement économique mondiaux”, a-t-il déclaré.

Les chefs d’État et de gouvernement de 43 pays d‘Europe et d‘Asie se sont engagés à Pékin à coopérer pour réformer le système financier et monétaire international à trois semaines d‘un sommet des principales économies du monde et à l‘ensemble des secteurs de l’économie.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a pour sa part demandé une nouvelle “constitution” pour le système financier mondial et appelé à un renforcement du rôle du FMI. L‘Islande, dont le système financier s‘est littéralement effondré et l’économie au point mort, a annoncé avoir demandé au fonds deux milliards de dollars d‘aide. /GG/DRO

Gilles Guillaume et Danielle Rouquié, édité par Jacques Poznanski

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