January 22, 2009 / 4:35 PM / 9 years ago

SYNTHESE Fiat inquiète avec sa dette, reste muet sur PSA

6 MINUTES DE LECTURE

* La dette de Fiat s'envole, les résultats du T4 en recul de 30%

* Fiat dément un projet d'augmentation de capital en vue d'une alliance avec Peugeot

* Le titre Fiat a chuté de 15%, celui de Peugeot a perdu 7%

par Gilles Castonguay

MILAN, 22 janvier (Reuters) - Fiat FIA.MI a pris de court les investisseurs jeudi en annonçant, en même temps que des résultats du quatrième trimestre en baisse de quelque 30%, un niveau d'endettement trois fois supérieur aux attentes du constructeur italien, une information qui fait plonger le titre en Bourse.

Le groupe, qui a également revu en baisse sa prévision de bénéfice 2009, a par ailleurs démenti une information de presse rapportant un projet d'augmentation de capital d'environ deux milliards d'euros dans la perspective d'une alliance avec le français PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA).

Sergio Marchionne, l'administrateur délégué de Fiat, qui a annoncé en début de semaine un projet de rapprochement qui le verrait entrer à hauteur de 35% du capital de Chrysler, a refusé de commenter l'éventualité d'une alliance avec PSA.

A Paris, un porte-parole du groupe français n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

PSA, qui a noué des partenariats autour de projets précis avec bon nombre de ses concurrents, travaille avec Fiat dans le domaine des véhicules utilitaires.

A la Bourse de Milan, l'action Fiat, qui a été brièvement suspendue, a chuté jeudi de 14,94% à 3,7850 euros alors que l'indice regroupant les valeurs automobiles européennes .SXAP a cédé 3,4%.

Le titre PSA a abandonné 7,3% à 11,9750 euros.

Plombé par la chute de la demande de voitures neuves provoquée par la crise du crédit et la récession à l'oeuvre dans la plupart des pays développés, le secteur automobile mondial traverse l'une des pires crises de son histoire, bon nombre de constructeurs devant se tourner vers les pouvoirs publics pour assurer la survie de leurs opérations.

Lors d'une conférence téléphonique pour analystes financiers, Sergio Marchionne a déclaré que 2009 serait "l'année la plus difficile de l'histoire du groupe", faisant ainsi écho aux propos tenus il y a deux jours par Carlos Ghosn, directeur général de Renault (RENA.PA). [ID:nLM733348]

Dans des documents servant de support à la présentation des résultats et des perspectives du groupe, Fiat écrit que l'année qui vient de commencer va "pour toujours changer de façon radicale le paysage du secteur automobile".

Sergio Marchionne a déclaré à ce sujet que l'accord avec Chrysler était un "premier pas dans la bonne direction mais pas le dernier".

La Division Automobile Beneficiaire en 2009

Fiat a malgré tout dégagé sur l'exercice 2008 des résultats supérieurs aux attentes, avec un bénéfice d'exploitation qui s'est établi à 3,36 milliards d'euros alors que les analystes interrogés par Reuters tablaient sur 3,13 milliards d'euros.

Pour sa seule branche automobile, il a fait part d'un bénéfice d'exploitation 2008 de 691 millions d'euros alors que le consensus Reuters était de 653,3 millions.

L'endettement de Fiat, qui s'est envolé en raison de l'augmentation des coûts et celle des besoins de trésorerie, s'est établi à 5,9 milliards d'euros.

"Cela signifie que Fiat a brûlé un volume considérable de liquidités", commente un analyste sous couvert de l'anonymat.

Pour l'exercice qui vient de commencer, Fiat a dit tabler désormais sur un bénéfice d'exploitation 2009 alors que le constructeur attendait précédemment un chiffre compris entre 1,5 milliard et 2,3 milliards d'euros.

Sergio Marchionne a ajouté que la division automobile de Fiat, qui va reporter le lancement de la nouvelle berline Alfa Romeo 147, dégagerait un résultat et un cashflow positifs en 2009.

Le groupe s'est également fixé comme objectifs 2009 un bénéfice net de plus de 300 millions, un cashflow de plus d'un milliard d'euros et un endettement ramené sous la barre des cinq milliards d'euros. Le niveau de liquidités à fin 2008 était de 3,9 milliards d'euros, a ajouté Fiat.

Morgan Stanley, qui anticipe un bénéfice d'exploitation 2009 de seulement 300 millions d'euros pour le constructeur, écrit dans une note de recherche que Fiat va avoir besoin d'au moins trois milliards d'euros pour continuer à faire tourner ses activités.

Alors que La Repubblica a rapporté l'information relative à une augmentation de capital liée à un projet avec PSA, le quotidien économique italien Il Sore 24 Ore écrit par ailleurs que Fiat aurait entrepris des démarches depuis un mois en vue d'obtenir une ligne de crédit syndiquée d'un montant maximum de cinq milliards d'euros. Une source a confirmé à Reuters l'existence d'une telle démarche.

Version française Nicolas Delame et Benoit Van Overstraeten

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