Roche sanctionné en Bourse après l'échec d'Avastin en phase III

mercredi 22 avril 2009 10h34
 

ZURICH, 22 avril (Reuters) - Roche ROG.VX chute lourdement à la Bourse suisse mercredi, son Avastin ayant manqué la première étape dans une étude de phase III relative au traitement du cancer du côlon.

Vers 08h30 GMT, le bon de participation cède 9,0% à 139,60 francs, entraînant l'indice des valeurs vedettes qui perd 0,70%.

Avastin n'a pas atteint la première étape de l'étude NSABP C-08 visant à démontrer un risque de rechute diminué chez des patients ayant subi une opération du cancer du côlon, précise le groupe pharmaceutique bâlois dans un communiqué.

"Il s'agit des premiers tests pour Avastin dans un cancer à un stade précoce et les résultats n'affectent pas les indications déjà approuvées contre la variante métastatique avancée de la maladie", souligne Roche.

"Quel dommage!" s'exclament les analystes de Julius Bär dans leur note de recherche quotidienne. "L'indication aurait pu ajouter 15 à 20 francs au bon de Roche. (...) Des données positives auraient ouvert la voie à quelque 2 milliards de francs de ventes supplémentaires."

Du côté de la banque Vontobel, Andrew Weiss parle d'une déception. "Nous considérions l'étude C-08 comme un catalyseur majeur pour relever potentiellement nos estimations de revenus", souligne-t-il. En cas de succès, cela aurait procuré à Roche "un levier opérationnel considérable", selon Weiss.

Roche et sa filiale américaine Genentech affirment dans le communiqué qu'ils maintiennent les programmes secondaires pour Avastin dans le traitement du cancer du côlon, du sein et du poumon à un stade précoce.

Malgré le revers subi, Roche pourra toujours générer des ventes de 8 à 9 milliards de francs avec Avastin à l'horizon 2011, a affirmé le directeur de la division pharmaceutique Bill Burns lors d'une téléconférence.

Il a également souligné que l'étude en question n'était pas un élément clé dans la reprise intégrale de Genentech. "C'est une transaction beaucoup plus large et plus stratégique qui ne dépendait pas d'une seule étude."

(Silke Koltrowitz, édition Pascal Schmuck)