22 juin 2009 / 12:53 / il y a 8 ans

Confronté à des pertes, Toyota se dote d'une direction rajeunie

par Chang-Ran Kim

TOKYO, 22 juin (Reuters) - Akio Toyoda, petit-fils du fondateur du groupe Toyota, s'apprête à en prendre cette semaine la présidence, apparemment sans prévoir des mesures radicales qui lui permettraient d'effacer rapidement les lourdes pertes qu'il subit.

Avec des ventes d'automobile en forte baisse, les usines du numéro un mondial sont largement sous-exploitées. De plus, Toyota assemble la moitié de ses véhicules au Japon, où le cours de la monnaie face au dollar, nettement sous les 100 yens, lui est défavorable.

Les grands rivaux américains en faillite, Chrysler et General Motors, ont fermé des usines, de nombreuses concessions et supprimé des emplois.

Les dirigeants de Toyota ont en revanche assuré avoir l'intention de traverser la crise en gardant intacte la capacité de production, misant sur la reprise future de la demande.

"Il est urgent de compenser les pertes, mais cette entreprise a pour credo d'agir à moyen terme", souligne Tsuyoshi Mochimaru, analyste chez Barclays Capital.

"Ils ne vont pas changer de style au nom d'un avantage à court terme. Je pense que la nouvelle direction va développer la stratégie lancée par la précédente."

Toyota, déjà réputé pour la maîtrise de ses coûts, a choisi de se concentrer sur la formation de ses employés le temps que durera la crise. Le groupe souhaite toutefois réduire encore ses dépenses, dans l'espoir d'être rentable à 70% de sa capacité de production.

"RETOUR AUX FONDAMENTAUX"

L'arrivée d'Akio Toyoda doit être confirmée mardi après l'assemblée générale annuelle des actionnaires. Il a déjà annoncé sa volonté d'opérer un "retour aux fondamentaux", après la stratégie de croissance rapide des dix dernières années.

En janvier, l'actuel président Fujio Cho reconnaissait des hésitations à confier les rênes de l'entreprise à un homme relativement peu âgé - 53 ans - mais ajoutait qu'un rajeunissement de la fonction et le retour de la famille fondatrice laissaient espérer des "mesures radicales" pour relancer Toyota.

Ni Cho ni Toyoda n'ont toutefois détaillé ces mesures.

"Une mesure radicale pour Toyota serait de réduire la proportion des véhicules produits au Japon", estime Kurt Sanger, analyste pour Deutsche Securities.

"Mais cela reste peu probable. Et avec 50% de la production au Japon et un dollar à 95 yens, même si le marché américain revient demain à 16 millions d'unités, ils feront toujours moins de bénéfices qu'avant."

Le marché américain a chuté à environ 10 millions de véhicules vendus par an.

Toyoda et sa future équipe de direction doivent tenir mardi une conférence de presse. Le prochain président sera encadré de cinq vice-présidents, dont quatre nouveaux. Le président honorifique du groupe Shoichiro Toyoda - père d'Akio - et le haut conseiller Hiroshi Okuda quitteront quant à eux le conseil d'administration.

Apparemment soucieux d'équilibrer nouveaux arrivants et dirigeants expérimentés, Toyota a annoncé le retour de Yoshimi Inaba, qui avait quitté un poste de vice-président en 2007. Il devrait se voir confier les activités de Toyota en Amérique du Nord.

Quatre directeurs exécutifs, Yukitoshi Funo, Atsushi Niimi, Shinichi Sasaki et Yoichiro Ichimaru, vont devenir vice-présidents.

De source proche des décisions stratégiques, on indique que chacun se verra confier la responsabilité d'une région du monde en plus de ses fonctions, ce qui marque une nouveau mode de fonctionnement pour le constructeur fondé en 1937. (Version française Gregory Schwartz)

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