21 avril 2009 / 09:51 / il y a 8 ans

LEAD 4 Les dirigeants de Molex ont été libérés

(actualisé avec les résultats publiés mardi par le groupe)

TOULOUSE, 22 avril (Reuters) - Les deux dirigeants de la société Molex MOLX.O de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) séquestrés depuis lundi ont été libérés dans la soirée de mardi, a-t-on appris de source syndicale.

Cette décision fait suite à la convocation d'une délégation de salariés par la juge des référés du tribunal de grande instance de Toulouse, qui a exigé mardi la fin de la séquestration des deux dirigeants avant 20h30 (18H30 GMT).

Il s'agissait pour le tribunal d'un préalable à l'ouverture de négociations mardi soir entre les salariés de cette entreprise spécialisée dans la connectique automobile et promise à la fermeture et leur direction dans les locaux toulousains de la Préfecture de région Midi-Pyrénées.

"Les deux dirigeants sont libres, ils sont avec nous en voiture et nous nous rendons tous à la préfecture à Toulouse pour négocier", a déclaré Denis Parize, délégué central de la CGT. Un représentant de la CFDT a confirmé l'information.

Dans le cas d'une non-libération des deux dirigeants de Molex, la juge avait prévu une nouvelle audience en référé mardi à 21 heures à la suite de laquelle des "nouvelles dispositions seront prises en conséquence à un refus éventuel", c'est-à-dire l'intervention des forces de l'ordre.

RETARDS DE LIVRAISONS

Les délégués syndicaux ont rencontré mardi matin dans l'usine plusieurs dirigeants de la Direction Départementale du Travail de la Haute Garonne, mais ces rencontres ont été interrompues à la mi-journée à l'annonce de l'assignation en justice des salariés par leur direction.

La séquestration des deux dirigeants, le co-gérant de l'entreprise, Marcus Kerriou, et sa Directrice des Ressources Humaines, Coline Colboc, avait débuté lundi et avait été décidée par près de 200 des 283 employés de Molex France.

Marcus Kerriou avait déclaré être prêt à reprendre à tout moment les négociations.

"Mais la reprise du dialogue ne peut évidement se faire dans le cadre d'une séquestration", avait-il dit.

Dans un communiqué publié mardi, Molex s'inscrit en faux contre les accusations syndicales selon lesquelles l'entreprise détournerait la production vers ses autres sites.

"En fait, l'usine ne fonctionne qu'à 30% de sa capacité habituelle, ce qui entraîne des retards de livraison dramatiques. Molex Automotiv SARL se voit donc obligé de prendre des mesures alternatives pour sécuriser la production de ses clients si une production normale ne reprend pas sur le site", peut-on y lire.

"Nous sommes donc obligés de puiser dans les stocks pour éviter de stopper les productions de voitures", ajoute l'entreprise sous-traitante pour des constructeurs automobiles.

C'est en octobre 2008 que le groupe américain avait annoncé la fermeture définitive de son site français en juin 2009.

Les salariés de Molex à Villemur-sur-Tarn avaient aussitôt engagé une série d'actions non violentes pour dénoncer cette fermeture, remettant systématiquement en cause, chiffres financiers à l'appui, la "non rentabilité" de leur entreprise invoquée par la direction.

Mardi, Molex a fait état d'une perte nette de 58,6 millions de dollars au titre de son troisième trimestre fiscal alors qu'il avait dégagé un bénéfice net de 50,3 millions de dollars lors de la même période l'année dernière.

Nicolas Fichot, édité par Yves Clarisse

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