Publicité/Internet - Isobar pessimiste pour les prochains mois

mardi 21 octobre 2008 12h51
 

PARIS, 21 octobre (Reuters) - Après le fort ralentissement constaté en septembre, la publicité sur internet doit se préparer à des mois difficiles, a estimé mardi le directeur général de l'agence internet Isobar, Guillaume Multrier. "Je suis extrêmement pessimiste sur les prochains mois ce qui ne veut pas dire que l'on va vivre comme dans les années 2000 une grosse récession", a-t-il déclaré lors d'un colloque de l'Advertising Internet Bureau (IAB) qui rassemble les acteurs de la publicité sur internet. "On voit au travers les chiffres un nette dégradation et cette dégradation va en s'accélérant".

"Sur internet, on passe d'une croissance (de la publicité) sur un an de 38% au premier semestre à 11% en septembre en chiffres bruts (selon l'IAB). Cela veut dire un chiffre pas très brillant en net", a-t-il souligné en notant l'écart croissant entre les chiffres nets et bruts de 2007 à 2008.

Les investissements publicitaires bruts ne tiennent pas compte des rabais et promotions diverses alors que les chiffres nets mesurent les sommes effectivement payées.

Pour Guillaume Multrier, la hausse de 38% en chiffres bruts au premier semestre correspond à une hausse réelle de 10% à 20% en chiffres nets. "Il suffit d'appliquer les mêmes ratios pour septembre", a-t-il noté, ce qui correspondrait à une croissance nette de 1,9 à 3,8 fois moindre et donc comprise entre 2,9% et 5,8%.

"Les investissements en search (référencement payant) sont aussi en net ralentissement (...) ce qui n'est pas très bon signe car cela signifie qu'il y a des annonceurs qui coupent tout", a observé le directeur général d'Isobar.

Guillaume Multrier différencie quatre secteurs d'annonceurs : 1) le secteur financier qui n'investit plus, 2) l'automobile et l'équipement des ménages touché par la pénurie de crédit qui abaisse significativement ses investissements publicitaires globaux mais dans une moindre mesure sur internet 3) le secteur touché par la baisse de pouvoir d'achat comme la grande consommation qui coupe ses budgets internet et, enfin, 4) le secteur des télécoms et des services où les investissements restent "assez stables".

"La grande consommation a tendance à se replier sur son coeur de savoir-faire marketing que sont les médias traditionnels", fait-il valoir.

Il remarque que le ralentissement de la publicité sensible depuis longtemps sur internet en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis est arrivé beaucoup plus tard en France, "vers le 15 août grosso modo".

Isobar est le réseau d'agences interactives du groupe d'achat d'espaces Aegis AGS.L.   Suite...