21 juillet 2009 / 05:18 / dans 8 ans

LEAD 4 Faurecia-Perte opérationnelle au S1, équilibre visé au S2

* Résultat opérationnel dans le rouge au S1

* Objectif d’économies porté à 700 millions en 2009

* Résultat opérationnel attendu proche de l’équilibre au S2, la reprise en 2010 devrait être lente et progressive

* L‘action perd 1,3%

(Actualisé avec analyste et point presse)

par Gilles Guillaume

PARIS, 21 juillet (Reuters) - Faurecia (EPED.PA) a révisé en hausse mardi ses objectifs d’économies pour 2009 et dit viser un résultat opérationnel proche de l’équilibre au second semestre après six premiers mois de l‘année marqués par une perte opérationnelle et un chiffre d‘affaires en chute de 29,9%.

“Nous avons connu au cours du premier trimestre le choc violent de la baisse généralisée de la production automobile sur l‘ensemble des marchés mondiaux, une baisse qui a dépassé les 40% en février, point le plus bas”, a souligné au cours d‘une conférence de presse le directeur financier de l’équipementier automobile Frank Imbert.

Sur l‘ensemble du premier semestre, le chiffre d‘affaires de Faurecia a chuté à 4,38 milliards d‘euros en données comparables, contre 6,60 milliards un an plus tôt, et son résultat opérationnel est tombé dans le rouge avec une perte de 187,3 millions d‘euros, contre un résultat positif de 90,3 millions sur la période identique de 2008.

La perte nette part du groupe s‘est creusée à 364,6 millions contre -22,2 millions un an plus tôt.

Vers 12h15, l‘action Faurecia perdait 1,31% à 6,80 euros, sous-performant l‘indice DJ Stoxx des valeurs automobiles européennes .SXAP qui prenait à la même heure 1,1%.

Le titre, qui avait regagné plus de 15% la semaine dernière, accuse encore une baisse de 11% depuis le début de l‘année. En 2008, il a chuté de près de 80%.

“C‘est un peu décevant, c‘est un peu moins bon que ce qu‘on attendait”, commente un analyste du secteur, qui a requis l‘anonymat.

“C‘est une période noire, et les investisseurs doivent être patients”, ajoute Morgan Stanley Research dans une note. “Mais les signes clé de reprise sont là.”

Faurecia table sur un lent redémarrage du marché en 2010. L‘amélioration de sa visibilité en terme de production au troisième trimestre et ses nouveaux efforts de réduction de coûts lui permettent de viser pour le second semestre un résultat opérationnel proche de l’équilibre et un cashflow à l’équilibre hors coûts de restructuration.

LA REPRISE SERA TRES PROGRESSIVE

Les équipementiers automobiles sont touchés de plein fouet par la crise qui frappe les constructeurs automobiles. Le premier semestre a été marqué notamment par le dépôt de bilan de deux géants de Detroit, Chrysler en avril, puis General Motors en juin.

Faurecia a néanmoins précisé qu‘une reprise d‘activité au deuxième trimestre avait permis de réduire de manière sensible la perte opérationnelle entre les trois premiers mois de l‘année - marquée par une perte de 159,7 millions d‘euros - et les trois mois suivants (-27,6 millions).

“Les semestriels sont un fort contraste entre un premier trimestre qui a été le coeur de la crise et, par contre, un redressement d‘activité très fort au deuxième trimestre”, a souligné le directeur financier de Faurecia, Frank Imbert Yann Delabrière, sur la radio BFM.

“Il y a une amélioration, mais nous sentons quand même que la reprise en 2010 ne va être que très lente et très progressive”, a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, Faurecia retient pour la deuxième partie de l‘année une hypothèse de recul de son chiffre d‘affaires de l‘ordre de 10% en Europe et de l‘ordre de 35% en Amérique du Nord. Sur l‘ensemble de 2009, il vise respectivement -20% et -30%.

Il a également décidé de porter à 700 millions d‘euros, contre 600 millions jusqu‘ici, l‘objectif d’économies fixé par son plan “Challenge 2009” destiné à résister à la conjoncture.

“L‘ajustement est fait en Europe, nous aurons à continuer à adapter (le groupe) en Amérique du Nord parce que la reprise y est peu perceptible, mais en Europe nous avons fait l‘ajustement dont nous avions besoin pour retomber sur nos deux pieds”, a assuré Yann Delabrière.

Il a également jugé qu‘une consolidation du secteur était inévitable et indiqué que le groupe comptait y participer, mais uniquement pour gagner des parts de marché sur ses quatre principaux métiers.

“L‘industrie doit bouger, nous regarderons les opportunités, avec deux réserves importantes, il est clair que nous n‘avons pas de cash disponible, nous restons endettés”, a précisé Yann Delabrière. “Les opportunités se manifesteront par des partenariats, des alliances, des joint-ventures, mais nous ne sommes pas prêts à dépenser l‘argent que d‘ailleurs nous n‘avons pas.”

Le semestre écoulé a été marqué par une baisse des coûts de 400 millions d‘euros, un peu supérieure à ce qui était anticipé à ce stade, par une poursuite des réductions d‘effectifs, ramenés fin juin à 57.613 personnes, soit une diminution de 18,2% sur un an, par la renégociation de covenants bancaires et par une augmentation de capital de 455 millions destinée à assurer les besoins de financements du groupe cette année.

L‘opération était garantie à 100% par son actionnaire majoritaire PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA), dont la participation dans Faurecia est restée inchangée à 70,8%.

Édité par Jean-Michel Bélot et Benjamin Mallet

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