20 février 2009 / 06:44 / il y a 8 ans

LEAD 2 Lafarge-Priorité au désendettement en 2009, cap sur 2010

* Augmentation de capital de 1,5 milliard d'euros

* Priorité à la réduction de la dette

* Dividende réduit de moitié à deux euros

* Résultat net pdg 2008 +3% à 1,713 milliard d'euros

(Actualisé avec la conférence de presse)

par Gilles Guillaume

PARIS, 20 février (Reuters) - Le premier cimentier mondial Lafarge LAFP.PA a annoncé vendredi son intention de lancer une augmentation de capital de 1,5 milliard d'euros pour réduire sa dette et renforcer sa structure financière alors que le ralentissement de l'économie a pesé sur ses résultats du quatrième trimestre.

Comme le groupe de matériaux de construction Saint-Gobain (SGOB.PA), qui a lui aussi annoncé vendredi l'émission d'actions nouvelles, Lafarge entend profiter de 2009 pour donner la priorité au renforcement du bilan et préparer l'après-crise, qu'il envisage pour 2010.

"Dans un contexte financier et économique sans précédent, notre objectif est de réduire rapidement notre dette en 2009", a souligné Lafarge. "Le plan d'action que nous annonçons aujourd'hui (...) vise à consolider notre structure financière (...) et positionner idéalement le groupe en prévision de la reprise."

La dette nette consolidée a bondi de 94% en 2008 à 16,884 milliards d'euros, conséquence pour l'essentiel de l'acquisition d'Orascom Cement fin 2007 pour 8,8 milliards d'euros.

De récents déclassements de la dette de Lafarge par les agences Moody's et Standard & Poor's avaient conduit les analystes à douter que le groupe parvienne à respecter tous les termes de ses facilités de crédit et qu'il se trouve ainsi contraint de rembourser des dettes avant échéance.

Lafarge a précisé qu'il avait obtenu un nouveau crédit bancaire d'un milliard d'euros pour une durée de deux ans et qu'il avait l'intention de procéder à un remboursement anticipé de tranches du crédit d'acquisition d'Orascom, soit 2,6 milliards d'euros, avant la fin juin 2009, faisant ainsi disparaître le "covenant" qui y était associé.

Cette restructuration signifie que le groupe ne comptera plus d'échéance majeure avant 2011.

Le titre a atteint en matinée un plus haut du jour de 38,78 euros. Vers 11h00 GMT, il perd 1,96% à 36,10 euros.

COMPROMIS SUR LE DIVIDENDE

Si Lafarge s'attend en 2009 à une "forte dégradation" sur les marchés développés du ciment et à un "ralentissement de la croissance" sur les marchés émergents, il compte sur les projets d'infrastructures programmés par les plans de relance de nombreux gouvernements pour restaurer la confiance et "avoir un impact significatif" sur son activité en 2010.

Parmi les autres mesures du plan d'action chiffré à 4,5 milliards d'euros, augmentation de capital comprise, figurent la réduction de moitié du dividende au titre de 2008 à deux euros par action et un relèvement de l'objectif de réductions de coûts pour 2009 à 200 millions d'euros contre 120 millions jusqu'ici.

Lafarge va également diminuer de 200 millions d'euros supplémentaires, à 1,8 milliard, ses investissements industriels cette année.

Sur le dividende, le groupe a choisi la voie médiane. Certains analystes estimaient que le contexte financier ne lui permettrait pas de maintenir le niveau versé au titre de 2007, mais aussi que la suppression pure et simple du dividende aurait été mal accueillie.

"Lafarge a décidé d'avoir une approche équilibrée. Les actionnaires ont droit à une rémunération. Nous avons ajusté cette rémunération aux conditions économiques actuelles", a déclaré le PDG Bruno Lafont au cours d'une conférence de presse.

Le directeur financier de Lafarge, Jean-Jacques Gauthier, a précisé quant à lui que le groupe comptait de nouveau faire appel au marché obligataire une fois que les conditions des émissions redeviendraient favorables, peut-être dès cette année.

2008 aura été marquée par une détérioration des marchés du groupe au quatrième trimestre, notamment dans les granulats et béton - l'activité la plus exposée aux marchés industrialisés - où le résultat d'exploitation courant a chuté de 33% sur les trois derniers mois de l'année.

Sur l'ensemble de l'exercice, le résultat net part du groupe, hors exceptionnels, a augmenté de 3% à 1,713 milliard d'euros en 2008 tandis que le chiffre d'affaires a progressé de 8% à 19,033 milliards (+14% à taux de change constants).

Edité par Marc Angrand et Benjamin Mallet

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