19 décembre 2008 / 15:50 / il y a 9 ans

LEAD 2 USA - Bush présente un plan de sauvetage de l'automobile

* Les constructeurs devront faire la preuve de leur viabilité avant le 31 mars

* Bush : laisser les constructeurs faire faillite serait irresponsable

* Dans un premier temps, 13,4 milliards de dollars seront disponibles en décembre et janvier

par Jeremy Pelofsky et John Crawley

WASHINGTON, 19 décembre (Reuters) - Le président George Bush a dévoilé vendredi un plan de sauvetage des constructeurs automobiles américains constitué de 17,4 milliards de dollars de prêts pour sauver le secteur d'une faillite imminente et préserver des milliers d'emplois.

A quelques semaines de son départ de la Maison blanche, Bush a souligné que laisser les constructeurs automobiles faire faillite serait irresponsable en période de crise économique, prenant à contre-pied une partie de son propre camp qui plaidait pour que le secteur automobile résolve lui-même ses problèmes sans aide de l'Etat.

La nouvelle a fait bondir les cours des constructeurs : General Motors gagnait plus de 10% après avoir bondi de 17% en matinée à Wall Street et Ford (F.N) était en hausse de 1,4%.

General Motors et Chrysler devraient avoir accès à ces prêts dès aujourd'hui, a précisé un responsable de l'administration américaine.

Ford a fait savoir de son côté que l'état de sa trésorerie était satisfaisant et qu'il n'avait pas besoin d'un crédit dans l'immédiat.

"Le peuple américain souhaite que les groupes automobiles réussissent, et moi aussi", a déclaré George Bush dans une allocution à la Maison blanche.

"Si nous laissions libre cours aux marchés aujourd'hui, cela conduirait très certainement à une faillite désordonnée et à la liquidation des constructeurs", a expliqué le président américain.

"IRRESPONSABLE"

Il a souligné que les constructeurs avaient besoin d'une aide financière au moment où ils entamaient leur restructuration car un effondrement du secteur automobile risquait d'aggraver et de prolonger la récession de l'économie américaine.

Dans un premier temps, quelque 13,4 milliards de dollars seront disponibles sur les mois de décembre et janvier. Ils seront prélevés sur les 700 milliards de dollars qui étaient à l'origine réservés au sauvetage des banques américaines (fonds dits Tarp) dans le cadre du plan Paulson.

Un responsable de la Maison blanche a précisé que General Motors recevrait 9,4 milliards de dollars en décembre et janvier puis à nouveau 4 milliards en février. Chrysler bénéficiera quant à lui de 4 milliards de dollars.

Le président élu Barack Obama, qui succèdera à Bush le 20 janvier, a salué le plan, qu'il a présenté comme une "mesure nécessaire".

Un membre de son équipe de transition a précisé qu'il n'avait pas été associé à la décision mais le président élu s'était dit favorable à l'octroi de prêts à court terme en échange d'une restructuration des constructeurs pour garantir leur viabilité à long terme.

"C'est une bouée de sauvetage mais ils ne sont pas encore totalement sortis d'affaire. Cela les (GM et Chrysler) mène jusqu'à mars", estime Erich Merkle, analyste à Crowe Horwath, dans le Michigan.

La Maison blanche a présenté son propre plan après l'échec des discussions entre républicains et démocrates au Congrès pour trouver un compromis.

CONDITIONS

Bush a assorti le plan d'une série de conditions.

Les prêts seront retirés si les constructeurs ne font pas la preuve de leur viabilité d'ici le 31 mars. Cela ne signifie pas nécessairement qu'ils devront être rentables à cette date mais implique qu'ils devront démontrer qu'ils comptent atteindre cette situation relativement rapidement.

En échange des prêts, la rémunération des dirigeants devra également être limitée.

Le directeur général de GM, Rick Wagoner, a déclaré que son groupe allait se concentrer sur la mise en oeuvre de son plan de restructuration et il a dit avoir bon espoir que GM atteigne les critères fixés par le gouvernement.

Chrysler a de son côté annoncé de nouvelles mesures de réduction de coûts.

Ford a pour sa part dit "apprécier les mesures prudentes" prises par le gouvernement pour aider le secteur.

Le constructeur a assuré avoir mis au point un vaste plan pour assurer sa viabilité et il a affirmé que la restructuration de ses activités en Amérique du Nord allait s'accélérer. Il espère pouvoir réussir cette restructuration sans avoir besoin d'une aide publique.

Le Trésor américain a précisé que GM et Chrysler devront verser 5% d'intérêt au minimum sur les prêts accordés par le gouvernement dont ils devront avoir achevé le remboursement d'ici au 29 décembre 2011. /DRO/NDE/GWB

version française Gwénaelle Barzic

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below