SALON Le financement de l'aéronautique s'améliore, selon Calyon

vendredi 19 juin 2009 17h20
 

 * L'écart entre les besoins et les sources de financements
devrait se résorber d'ici la fin 2009
 * Hausse du financement apporté par les constructeurs et les
motoristes 
 * Annulations et reports de commandes ont aussi fait
diminuer la demande de financement 
 
 Par Julien Ponthus
 PARIS, 19 juin (Reuters) - L'écart entre les besoins et les
sources de financements du secteur aéronautique, aujourd'hui
estimé à environ huit milliards de dollars, devrait se résorber
d'ici fin 2009 jugent les banquiers de Calyon, un des leaders
mondiaux de ce marché.
 "Il y a à la fois des facteurs d'augmentation de l'offre et 
de réduction de la demande", a déclaré à la presse José
Abramovici, directeur du financement pour l'aviation de la
banque d'affaires du Crédit agricole (CAGR.PA: Cotation). 
 Du côté de la demande, de nombreuses compagnies aériennes
ont reporté ou annulé des commandes et d'éventuelles faillites
auraient également un impact important sur les contrats.
 "C'est une hypothèse que l'on ne peut pas exclure" juge José
Abramovici. 
 Le financement aéronautique a également été affecté par la
disparition de nombreux établissements qui étaient autrefois
actifs dans le secteur mais qui, pour certains, ont été emportés
par la crise.
 "Avant (la faillite de) Lehman Brothers, il y avait la queue
pour apporter du financement mais beaucoup de banques ont depuis
quitté le secteur," observe José Abramovici.
 Touchées de plein fouet par la crise du crédit, certaines
banques ont redéployé leurs moyens vers des secteurs jugés plus
stratégiques, en utilisant notamment leurs fonds propres pour
financer l'économie de leurs pays.
 La fin de la période d'assèchement du crédit devrait de son
côté contribuer à relancer l'activité.
 Les aides d'Etat apportées sous la forme de crédit export
pour pallier le manque de capitaux pourraient aussi être accrues
et donner un peu plus d'oxygène au secteur. 
 Les banquiers ont aussi constaté une hausse du financement
apporté par les constructeurs et les motoristes à leurs clients.
 L'annulation d'opération de fusions-acquisitions, très
gourmandes en capitaux, pourrait aussi contribuer à libérer du
capital. 
 (Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot)