LEAD 1 La fusion améliorera la gouvernance de Natixis

lundi 18 mai 2009 23h16
 

par Emile Picy et Matthieu Protard

PARIS, 18 mai (Reuters) - Christine Lagarde, la ministre française de l'Economie, a déclaré lundi devant les députés que la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne ameliorerait la gouvernance de Natixis CNAT en dotant la banque d'un seul grand actionnaire au lieu de deux actuellement.

Natixis, créée en 2006 et détenue de concert par les deux banques mutualistes à hauteur de 71%, a accusé sur le premier trimestre de l'année une perte nette de 1,8 milliard d'euros, signant son quatrième trimestre consécutif dans le rouge en raison de la crise financière internationale.

"Un actionnaire unique au lieu de deux aujourd'hui, c'est ce qu'il faut à Natixis pour affronter l'avenir", a déclaré la ministre lors de la présentation à l'Assemblée nationale de son projet de loi sur la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne.

Ce rapprochement doit donner naissance au deuxième réseau bancaire français après le Crédit agricole (CAGR.PA: Cotation).

"Le rapprochement des Caisses d'épargne et des Banques populaires permettra donc d'améliorer la gouvernance de Natixis et d'intégrer cette filiale dans un groupe au profil de risque moins élevé", a ajouté la ministre.

Lors du débat sur le projet de loi, plusieurs députés ont manifesté leurs inquiétudes devant les pertes de Natixis et les risques que représente son portefeuille de 33,7 milliards d'euros d'actifs risqués - portefeuille isolé depuis décembre dernier dans une structure de cantonnement pour être progressivement liquidé.

"Natixis a été pratiquement de bout en bout une catastrophe", a affirmé Didier Migaud, le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. "Personne aujourd'hui ne sait à quel point Natixis est de fait contaminée par une série d'actifs douteux", s'est de son côté interrogé Jérôme Cahuzac (PS).

La ministre de l'Economie a assuré que les actifs risqués de Natixis faisaient l'objet d'une attention particulière. "Ce portefeuille fait l'objet d'un suivi rapproché par la commission bancaire, qui s'ajoute au suivi classique de l'établissement réalisé par le superviseur", a souligné Christine Lagarde.   Suite...