17 novembre 2008 / 15:00 / il y a 9 ans

LEAD 3 Citigroup va supprimer 52.000 postes supplémentaires

(Actualisé avec la recommandation du procureur général de New York et le cours de Bourse)

* Citigroup va supprimer 15% des effectifs

* Les dépenses vont être réduites de 20%

* L'action perd plus de 6,0%

par Jonathan Stempel et Dan Wilchins

NEW YORK, 17 novembre (Reuters) - La banque américaine Citigroup (C.N) a annoncé lundi la suppression à brève échéance de 52.000 postes supplémentaires, la mesure la plus drastique prise à ce jour par le PDG, Vikram Pandit, pour restaurer la rentabilité du groupe et soutenir un cours de bourse chancelant.

Ces suppressions s'ajouteront aux près de 23.000 emplois supprimés entre janvier et septembre par la deuxième banque américaine, pénalisée par la détérioration des conditions économiques et financières mondiales.

Les effectifs mondiaux de Citigroup devraient revenir ainsi à court terme à environ 300.000 salariés, en baisse de 20% par rapport aux 375.000 de fin 2007.

La réduction d'effectifs devrait se faire par le biais de départs naturels, de cessions d'unités mais aussi de licenciements.

Le procureur général de New York a estimé que le groupe ferait bien d'annoncer parallèlement que ses cadres dirigeants de toucheront pas de bonus cette année. Andrew Cuomo a qualifié d'"erreur" le projet de Citigroup d'attendre la nouvelle année pour prendre une décision sur ce dossier devenu très sensible depuis que la crise financière a éclaté.

L'ACTION SOUS LES 10 DOLLARS

Citigroup prévoit en outre de réduire ses dépenses de 20% par rapport à leurs pics historiques et de dépenser 50-52 milliards de dollars en 2009, contre 59,8 milliards en 2007.

La semaine dernière, l'action Citigroup est tombée sous les dix dollars pour la première fois depuis que Sanford "Sandy" Weill a fondé la banque, en 1998, en fusionnant Travelers Group et Citicorp.

"Si le passé peut servir d'indicateur, Wall Street embauche plus que de raison puis licencie à tout va lorsque cela devient nécessaire", explique Walter Todd, gestionnaire de portefeuille à Greenwood Capital Associates. "Mais il est difficile de dire si le passé peut être d'un quelconque secours dans ce cas. C'est un objectif mouvant car les marchés et l'économie fluctuent".

Le titre Citigroup perdait 1,79% à 9,35 dollars vers 19h00 GMT à Wall Street, après avoir touché un plus bas du jour de 8,85.

Les suppressions de postes à Citigroup sont les plus importantes annoncées à ce jour par un établissement proposant des services financiers depuis le début de la crise l'année dernière.

Plus de 100.000 emplois ont déjà été supprimés dans les plus grandes banques et sociétés de courtage. Au cours du mois écoulé, Goldman Sachs (GS.BN) a commencé à supprimer 3.200 emplois et Morgan Stanley (MS.N) a annoncé une réduction de 10% de ses effectifs dans les services aux institutionnels et la gestion d'actifs.

Citigroup a précisé que les suppressions d'emplois se feraient à court terme, probablement d'ici les deux premiers mois de 2009, selon des personnels de la banque.

L'action a cédé 70% cette année sur le Nyse et sa capitalisation boursière avoisinait vendredi à la clôture 52 milliards de dollars, à peine deux fois plus que les 25 milliards de capital reçus du Trésor américain dans le cadre du plan de sauvetage du secteur financier.

Citigroup a perdu plus de 20 milliards de dollars l'année dernière, notamment dans des produits financiers structurés risqués, souvent adossés à des crédits immobiliers. Certains analystes craignent que la banque ne redevienne rentable qu'après 2010.

Pandit, PDG de la banque depuis décembre dernier, a été très critiqué notamment par les investisseurs pour ne pas avoir mis en place un plan efficace de restructuration.

Certains analystes estiment que Citigroup n'a jamais investi suffisamment dans la technologie ou pour que les différentes entités de la banque soient assez intégrées.

La diversification géographique du groupe, avec des activités dans plus de 100 pays, joue aussi désormais contre lui, les clients dans des pays comme le Brésil, l'Inde et le Mexique ayant du mal à rembourser leurs prêts.

Dans le même temps, la capacité de croissance de Citi aux Etats-Unis est relativement limitée. Well's Fargo (WFC.N) a contrecarré le mois dernier le projet du groupe de mettre la main sur Wachovia WB.N et ses 418,8 milliards de dollars de dépôts. /MA/SD/GWB/GG

Jonathan Stempel, version française Marc Angrand, Stanislas Dembinski et Gwénaëlle Barzic

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