16 octobre 2008 / 06:39 / il y a 9 ans

LEAD 2 UBS et Crédit suisse augmentent leur capital en urgence

* UBS va recevoir six milliards de francs suisses (3,9 milliards d'euros) du gouvernement suisse.

* La banque va également transférer 45 milliards d'euros de titres illiquides dans un fonds séparé

* Crédit suisse a levé dix milliards de francs en faisant notamment entrer le Qatar dans son capital.

par Sam Cage et Sven Egenter

ZURICH, 16 octobre (Reuters) - Les deux principales banques suisse, UBS UBS.VX et Crédit suisse CSGN.VX, ont annoncé jeudi une nouvelle injection de capitaux, reconnaissant de fait que la crise du crédit continuait à peser lourdement sur leur bilan.

UBS a fait état d'une augmentation de capital de six milliards de francs suisses (3,9 milliards d'euros) par émission d'obligations convertibles intégralement souscrite par l'Etat fédéral, qui pourrait ainsi prendre environ 9% de son capital.

La première banque suisse a parallèlement conclu un accord avec la Banque nationale suisse (BNS) pour transférer jusqu'à 60 milliards de dollars (45 milliards d'euros) de titres illiquides et d'autres actifs de son bilan vers un fonds séparé.

De son côté, l'autre grande banque helvétique, Crédit suisse, a annoncé avoir levé quelque dix milliards de francs, notamment en faisant entrer à son capital le fonds souverain Qatar Investment Authority.

Crédit suisse a également dit s'attendre à publier une perte nette d'environ 1,3 milliard de francs au titre du troisième trimestre, ses activités de banque d'investissement affichant une perte avant impôt de quelque 3,2 milliards.

Vers 9h00 GMT, le titre UBS avançait toutefois de 4,58% à 21,00 francs suisses et celui de Crédit suisse de 6,58% à 49,00, alors que l'indice SMI .SSMI de la Bourse suisse reculait de 0,69% et que l'indice européen des valeurs bancaires .SX7P abandonnait 2,15%.

"Dans cette phase de turbulences des marchés nous voulons prendre toutes les mesures qui s'imposent pour protéger la solidité de notre banque. Nous prenons des mesures pragmatiques pour éliminer les risques liés à des positions acquises dans le passé", a expliqué dans le communiqué le président d'UBS, Peter Kurer.

Depuis le début de la crise du crédit déclenchée par l'effondrement du marché des "subprime" au cours de l'été 2007, UBS a déjà dû passer pour 42 milliards de dollars de dépréciations d'actifs, ce qui constitue un record en Europe, et la banque est en passe de supprimer de milliers de postes.

Dans le même temps, elle a réussi à lever 30 milliards de dollars de capitaux frais et, tout en mettant en oeuvre la séparation de ses activités banque d'investissement de celles de gestion de fortune, elle a dit tabler sur un léger bénéfice au troisième trimestre dont les comptes seront publiés le 4 novembre.

CREDIT SUISSE MOINS TOUCHE

"Compte tenu de l'augmentation du capital, effectuée sur le marché, communiquée aujourd'hui par le Crédit suisse, des pas importants allant dans le sens, préconisés par la Commission fédérale des banques (CFB), d'un renforcement des fonds propres des grandes banques sont ainsi faits", estime dans un communiqué le Département fédéral des finances (DFF).

Les autorités helvétiques entendent également améliorer le système suisse de protection des déposants et le Conseil fédéral soumettra au parlement un texte prévoyant une augmentation de la protection des dépôts.

Le transfert d'actifs à risque vers un fonds séparé dans le cadre de l'accord conclu avec la banque centrale "permet à UBS de limiter la perte potentielle future liée à ces actifs, d'assurer leur financement à long terme, de diminuer les actifs pondérés en fonction du risque, de réduire fortement le risque et le bilan", assure le groupe dans un communiqué.

Le capital du fonds sera apporté par UBS à hauteur de six milliards de dollars et le prêt octroyé au fonds par la BNS sera plafonné à 54 milliards de dollars. La BNS prendra le contrôle du fonds.

De son côté, Crédit suisse a dit avoir levé 10 milliards de francs suisses via l'émission d'actions d'auto-contrôle déjà existantes et l'émission d'actions nouvelles via des obligations convertibles ainsi que de l'émission de capital Tier 1 hybride.

La banque a passé 2,4 miliards de francs de dépréciations sur des activités de produits structurés et en raison de conditions de trading "particulièrement difficiles" en septembre.

Crédit suisse, qui avait état en juillet d'un bénéfice net trimestriel meilleur que prévu, a estimé qu'elle demeurait très bien capitalisée.

La banque n'a pas été touchée aussi durement qu'UBS par la crise du crédit et, la semaine dernière, a assuré qu'elle sortirait de la crise en vainqueur, précisant qu'elle étudiait un certain nombre d'acquisitions.

Lors d'une conférence téléphonique, Brad Dougan, directeur général de Crédit suisse, a exclu toute nouvelle augmentation de capital tout en reconnaissant que les conditions d'activité restaient difficiles. /SK/MA/BVO

version française Silke Koltrowitz et Marc Angrand

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