15 janvier 2009 / 16:58 / dans 9 ans

SYNTHESE Bank of America et Citigroup en situation d'urgence

* Bank of America devrait recevoir des capitaux publics, selon une source proche du dossier

* La banque avance la publication de ses trimestriels à vendredi

* Citigroup devrait publier ce même vendredi une lourde perte et annoncer une restructuration

* Les deux valeurs ont lourdement chuté à Wall Street

par Karey Wutkowski et Jonathan Stempel

WASHINGTON/NEW YORK, 15 janvier (Reuters) - Bank of America (BAC.N) pourrait recevoir 15 milliards de dollars de capitaux publics censés l‘aider à intégrer Merrill Lynch mais l‘action de la banque, comme celle de sa rivale Citigroup, a lourdement chuté à Wall Street jeudi, en raison des doutes concernant leur capacité à survivre à d‘importantes pertes de crédit.

Les capitaux supplémentaires apportés à Bank of America (BofA) seraient puisés dans le plan Tarp (Troubled Asset Relief Program) du département du Trésor et viendraient s‘ajouter aux 25 milliards déjà reçus par le groupe, a expliqué une source proche des autorités financières informée des discussions.

Le président George W. Bush et son successeur élu Barack Obama ont donné leur aval à cette nouvelle aide à la première banque des Etats-Unis, à laquelle devraient s‘ajouter des garanties de crédit, a ajouté la source.

CNBC a chiffré ces garanties entre 100 et 200 milliards de dollars.

BofA et le Trésor ont refusé de commenter ces informations.

Bank of America a demandé l‘aide des pouvoirs publics pour tenter de surmonter les pertes de crédit de Merrill Lynch, dont elle a bouclé le rachat le 1er janvier.

Les modalités de son nouveau renflouements devraient être rendues publiques à l‘occasion de la publication des résultats du quatrième trimestre, avancée à vendredi alors qu‘elle était initialement prévue le 20 janvier.

C‘est également vendredi que Citigroup doit présenter ses comptes du quatrième trimestre 2008 et tous les experts s‘attendent à une cinquième perte trimestrielle consécutive, les sommes portant à chaque fois sur des milliards de dollars.

Le consensus donne une perte de 1,26 dollar par action hors éléments exceptionnels.

Sur les 12 mois à fin septembre, Citigroup a perdu 20,3 milliards de dollars, essentiellement sur des produits de dette complexes, dont certains liés au crédit immobilier.

La banque a déjà reçu, en deux temps, 45 milliards de dollars d‘aides de l‘Etat fédéral dans le cadre du plan Tarp et elle est sous forte pression pour revoir de fond en comble son modèle et son organisation. [ID:nLE446310]

Elle devrait annoncer vendredi un plan d‘allégement de son bilan et de recentrage de ses activités, selon une source proche du dossier.

SOUS TUTELLE

Certains analystes ont récemment estimé que l‘accumulation des pertes pourrait conduire les pouvoirs publics à nationaliser Citigroup et BofA, qui rejoindraient ainsi Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du refinancement de crédits immobiliers.

“Il est probable qu‘elles passeront toutes les deux sous la tutelle de l‘Etat”, explique ainsi Doug Kass, qui dirige le fonds Seabreeze Partners Management. “Elles sont trop grosses pour faire faillite.”

Citigroup a rejeté les spéculations sur son éventuelle nationalisation, a rapporté CNBC. Un porte-parole du groupe a refusé de commenter le sujet pour Reuters.

Les analystes jugent que les autorités voudront éviter le risque d‘une répétition de la faillite de Lehman Brothers, qui avait déclenché une tempête sur les marchés financiers le 15 septembre.

A la Bourse de New York, l‘action Bank of America a fini en baisse de 18,4% après être tombée à son plus bas niveau depuis 17 ans. Citigroup a chuté de 15,5%.

Les nouvelles difficultés de Bank of America nourrissent les interrogations sur l‘opportunité de la stratégie menée ces derniers mois par le P-DG du groupe, Kenneth Lewis, qui a décidé le rachat de Merrill Lynch pour environ 19,4 milliards de dollars deux mois après celui de Countrywide Financial, numéro un américain du crédit immobilier, pour 2,5 milliards.

Ces deux opérations ont accru la ressemblance de BofA avec le “supermarché financier” que Citigroup s‘est longtemps efforcé de devenir, ce que lui reprochent aujourd‘hui nombre d‘observateurs.

Lorsqu‘il a annoncé les acquisitions de Merrill et Countrywide, Lewis a été salué comme un sauveur d‘un secteur en difficulté. Mais aujourd‘hui, de nombreux analystes mettent surtout en avant le fait que BofA risque de réduire encore son dividende, déjà divisé par deux en octobre.

Selon le Financial Times, Lewis a envisagé fin 2008 de remettre en cause le rachat Merrill en raison de la dégradation des résultats de celui-ci.

Version française Marc Angrand

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