15 janvier 2009 / 09:47 / il y a 9 ans

LEAD 2 Airbus accroche sa ceinture pour une année 2009 délicate

* 777 commandes fermes et 483 livraisons en 2008

* 18 A380 livrés en 2009

* Le ratio book-to-bill devrait être inférieur à un l'an prochain

(Actualisé avec nouvelles déclarations, cours, détails)

par Matthias Blamont et Tim Hepher

TOULOUSE, 15 janvier (Reuters) - Airbus a annoncé jeudi une nouvelle hausse de ses livraisons en 2008, une performance record, mais 2009 sera plus difficile avec la perspective d'une diminution des commandes et la gestion complexe du programme militaire A400M.

"Nous visons 300 à 400 commandes brutes cette année (contre 900 en 2008, ndlr)", a prédit John Leahy, directeur commercial du constructeur aéronautique, première division du groupe européen EADS EAD.PA, au cours d'une conférence de presse.

Pour illustrer son propos, le dirigeant a posé ses mains sur une boule de cristal électrique, comme pour convaincre les 200 journalistes présents du manque de visibilité de l'entreprise. Plus sérieusement, Tom Enders, président d'Airbus, a expliqué que ses équipes surveillaient la situation des clients semaine après semaine.

Selon lui, le constructeur enregistrera moins de commandes que de livraisons cette année, ce qui marquerait une première depuis 2003: "J'estime que le ratio book-to-bill (commandes sur livraisons) devrait être inférieur à un."

"Nous savons tous que 2009 sera difficile pour l'industrie aéronautique mais chez Airbus nous sommes préparés et confiants", a-t-il dit. Interrogé sur la rentabilité de la société, le dirigeant a répondu: "oui (Airbus a été profitable en 2008)." EADS présentera ses résultats annuels le 10 mars.

COMBATTRE LES STOCKS, SOUTENIR LES CLIENTS

De fait, 2009 s'annonce une année périlleuse. Face à la prolongation de la crise, Airbus envisage de mobiliser sa trésorerie pour financer ses clients et ses fournisseurs. L'objectif est de pallier la prudence des banques tout en continuant à investir - au moins un milliard d'euros - dans son grand projet d'avenir: le moyen-porteur à long rayon d'action A350 XWB.

Airbus veut à tout prix éviter la constitution de stocks importants. Tom Enders a souligné à ce sujet que ses équipes disposaient de solutions si les livraisons venaient à baisser. Il n'a pas précisé lesquelles.

Airbus n'a par ailleurs communiqué aucun détail de sa situation financière mais Louis Gallois, président exécutif d'EADS, rappelait mardi que son entreprise disposait, fin 2008, de liquidités d'environ neuf milliards d'euros, de quoi soutenir ses divisions [ID:nLD260175].

Le financement client d'Airbus était également à ses plus bas niveaux depuis 20 ans en 2008, légèrement au-dessus du seuil d'un milliard d'euros. Tom Enders a signalé que le groupe était capable de monter jusqu'à cinq ou six milliards et que 50% des livraisons en 2009 seraient garanties par des agences de soutien à l'exportation.

"Le financement et les prévisions du transport aérien sont les deux éléments clés d'appréciation sur EADS", observe Olivier Brochet, analyste auprès de Natixis Securities.

Vers 14h30, l'action EADS gagne 0,68% à 12,605 euros. Elle a perdu près de 45% en 2008.

Tom Enders a affirmé que le programme d'économies "Power 8" avait permis de dégager environ 1,3 milliard d'euros en 2008 - le groupe veut atteindre 2,1 milliards d'euros de synergies annuelles à partir de 2010, et que son successeur "Power 8+" libérerait 650 millions de synergies récurrentes supplémentaires en 2012.

Le développement de l'A400M constitue l'autre sujet sensible alors que l'avion de transport militaire a désormais plus de deux ans de retard. Airbus, qui hérite de sa gestion depuis l'annonce de la récente réorganisation d'EADS [ID:nLG681736], poursuivra ses efforts mais veut renégocier avec les pays clients. "Compte tenu des dispositions contractuelles, nous n'y arriverons pas, [...] les conditions actuelles sont la recette du désastre, a plaidé Tom Enders

L'A400M, un projet de quelque 20 milliards d'euros, a entraîné des surcoûts de 1,7 milliard d'euros dans les comptes d'EADS au cours des deux derniers exercices. Les analystes craignent d'autres provisions importantes.

DEVANT BOEING

Tom Enders s'est également engagé à produire 18 exemplaires de l'A380, quelques semaines après avoir indiqué que l'objectif initial de 21 livraisons ne serait pas tenu. De son côté, John Leahy a espéré signer "10 nouvelles commandes" du gros porteur durant les 12 prochains mois.

L'an dernier, Airbus a livré 483 appareils, 30 de plus qu'en 2007, et placé 777 commandes fermes représentant une valeur de 100 milliards de dollars (76 milliards d'euros) sur la base, indicative, du prix catalogue.

Avec une part de marché de 54% sur le créneau des avions de plus de 100 places, Airbus dépasse son concurrent américain Boeing (BA.N), tant sur le front des commandes que des livraisons, et voit son carnet de commandes total progresser de 9% à 3.715 appareils. Affecté par une grève de 57 jours à l'automne dernier, Boeing finit 2008 avec 375 livraisons et 662 commandes.

A eux deux, Airbus et Boeing ont livré 858 avions l'an passé, soit 4% de moins qu'en 2007.

Voir aussi : ENCADRE Airbus/Boeing - Les commandes et les livraisons en 2008 [ID:nLF267466]

Avec Kerstin Dörr et James Regan, édité par Jacques Poznanski

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