15 septembre 2009 / 17:28 / dans 8 ans

SALON La voiture électrique aura besoin de coups de pouce

* Les premiers pas de la voiture électrique devront être subventionnés

* Un bond du prix à la pompe accélérerait son développement

* L‘estimation de la taille future du marché varie toujours du simple au double

par Gilles Guillaume

FRANCFORT, 15 septembre (Reuters) - La voiture électrique, au centre de toutes les attentions au salon de l‘automobile de Francfort, ne se développera pas sans coup de pouce financier des autorités et des constructeurs, ont souligné mardi Renault et PSA en dévoilant plusieurs modèles préfigurant ce nouveau segment zéro émission.

“C‘est simple, nous n‘irons pas dans les pays où l‘on n‘est pas intéressé par l’électrique et pas prêt à mettre en place les incitations nécessaires”, a déclaré le PDG de Renault (RENA.PA)-Nissan (7201.T), Carlos Ghosn.

“Nous sélectionnons les pays en fonction de l‘intérêt que nous observons”, a-t-il ajouté, citant Israël, le Danemark, le Portugal, les États-Unis et le Japon.

C‘est sur le marché israélien que Renault lancera en 2011 l‘un des quatre véhicules de sa future gamme électrique Z.E. préfigurée par les quatre concept cars dévoilés au salon de l‘automobile de Francfort: Twizy, Zoe, Fluence et Kangoo ZE.

“La voiture électrique n‘est pas seulement une approche de constructeur automobile, il faut avoir la combinaison d‘un constructeur et d‘une municipalité ou d‘un gouvernement”, a poursuivi Carlos Ghosn, estimant que le segment zéro émission devra être subventionné au début, notamment pour rendre le prix des modèles attractifs.

LES PRONOSTICS POUR 2020 VARIENT TOUJOURS

L‘un des points faibles de la technologie électrique étant l‘autonomie des batteries, qui peut atteindre actuellement 150 kilomètres contre au moins 500 km pour un plein essence, le développement futur des voitures zéro émission dépendra beaucoup de la mise en place d‘infrastructures de recharge adéquates.

L‘autre prix à payer pour les constructeurs se ressentira au niveau des marges, du moins dans un premier temps.

“Au début d‘une nouvelle technologie, c‘est ce qui se passe”, a déclaré de son côté Philippe Varin, président du directoire du groupe PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA), qui a dévoilé au salon le concept car BB1 ou l‘iOn - basée sur l‘iMiev du partenaire Mitsubishi Motors (7211.T) et dont l‘arrivée en Europe est programmée pour octobre 2010.

“Mais quand vous faites ce pari, ce n‘est pas pour un ou deux ans seulement”, a-t-il ajouté.

En plus d‘aides sur le modèle de l‘actuel bonus écologique instauré fin 2007 en France dans le cadre du Grenelle de l‘environnement, une nouvelle flambée des prix à la pompe ne manquerait pas non plus d‘accélérer la conversion des automobilistes.

Si les modèles aux carosseries peintes dans des verts et bleus résolument écologistes se sont bel et bien multipliées sur les stands de Francfort, la question de la taille du futur marché électrique ne fait toujours pas l‘unanimité au salon.

“Nous ne voulons pas mettre tous nos oeufs dans le même panier parce que nous ne savons pas encore quelle sera la taille du panier”, a indiqué Philippe Varin pour résumer le choix de son groupe de travailler à la fois sur la technologie hybride et électrique.

Et si Carlos Ghosn estime toujours qu’à l‘horizon 2020, une voiture sur dix aura un moteur non thermique, Jean-Marc Gales, directeur des marques Citroën et Peugeot, imagine que cette part de marché sera plutôt de l‘ordre de 5% d‘ici dix ans.

* Pour consulter le Point sur le salon de Francfort, cliquer sur [AUTO/FR]

Édité par Jean-Michel Bélot

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