SPECIAL REPORT-Carrefour, Lars et le lac aux requins

lundi 20 juin 2011 11h07
 

RETARD DE CROISSANCE

Pour Vincent Verdier, directeur de recherche auprès de l'institut spécialisé Kantar Retail, Carrefour, focalisé sur Planet, a pris du retard sur ses concurrents dans les domaines de croissance clé que sont internet, les formats de proximité, et le "drive", ce nouveau mode de distribution déjà largement déployé par Auchan, qui consiste à commander sur internet avant de prendre livraison dans des entrepôts avec sa propre voiture.

"Depuis l'arrivée de Lars Olofsson, il n'y a pas eu de stratégie de croissance claire, au plan national mais aussi international", dit-il.

Le directeur général n'a pas la tâche facile face à des actionnaires "qui sont durs, sans pitié (...) Il n'a jamais été confronté à une telle situation", observe un de ses anciens collègues chez Nestlé.

De source proche du dossier, on assure que Blue Capital entend lui donner le temps et l'espace nécessaires à la réussite de son entreprise. Mais avec un cours de Bourse qui ne relève pas la tête, les pressions sont fortes, tout comme le risque de réputation pour Bernard Arnault et Sébastien Bazin.

"Bernard Arnault ne veut pas admettre qu'il a fait une erreur. C'est pour ça qu'il met tant la pression sur Carrefour. C'est un sujet d'obsession", estime un consultant.

Lars Olofsson doit aussi convaincre ses détracteurs qu'il dirige Carrefour dans l'intérêt de tous et pas seulement dans celui de ses deux grands actionnaires.

Pierre-Henri Leroy, directeur du cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, pense que "le problème se situe au sommet de la pyramide". Très critique envers Amaury de Seze, président du conseil, il estime que "personne ne sait s'opposer aux décisions de Blue Capital".   Suite...