DIGEST Sony a perdu au profit d'Apple son image innovatrice

lundi 23 mai 2011 12h05
 

TOKYO, 23 mai (Reuters) - Sony (6758.T: Cotation) a failli créer le marché des tablettes dix ans avant Apple (AAPL.O: Cotation), avec son ordinateur portable Airboard, qui dès 2000 présentait toutes les caractéristiques de ce qui fait le succès de l'iPad et d'autres terminaux similaires : écran tactile, accès à internet, lecture de films.

"J'ai été l'inventeur du Airboard", déclare Satoru Maeda, un ingénieur qui a passé plus de 25 ans chez le géant électronique japonais avant de le quitter, jugeant que l'esprit inventif semblait l'avoir déserté.

Selon Satoru Maeda, au-delà de son prix trop élevé et d'une qualité de l'image perfectible, le lancement de l'Airboard a surtout été entravé par des couacs dans la réorganisation de Sony, la direction du groupe n'ayant jamais pris le temps d'appuyer le projet.

Le projet Airboard, un temps présenté par l'entreprise comme étant le plus révolutionnaire depuis le Walkman, a été complètement abandonné en 2008.

C'était justement l'invention du baladeur, en 1979, qui avait convaincu Satoru Maeda d'aller travailler chez Sony, perçu à l'époque comme l'entreprise la plus innovante du monde.

"Sony avait les produits les mieux pensés. Nous nous étions dit au départ qu'un jour nous voudrions être comme cela", a dit à Reuters Steve Wozniak, un des deux co-fondateurs d'Apple, ajoutant que, au tournant des années 1980, Sony était "le modèle dans l'électronique grand public".

En 2000, la valorisation boursière de Sony représentait sept fois celle d'Apple. Aujourd'hui, elle est à peine l'équivalent de un onzième de la capitalisation du géant américain.

Lorsque Howard Stringer, un Gallois, a été placé à la tête de Sony en 2005, il s'était engagé à renouer avec l'esprit de créativité du groupe japonais.

Mais, six ans plus tard, Satoru Maeda, qui travaille désormais chez JVC Kenwood, et d'autres anciens de Sony estiment que leur ancien employeur est en très mauvaise posture et que Howard Stringer, 69 ans, n'a plus guère le temps de respecter sa promesse d'une réinvention de l'entreprise.   Suite...