15 mai 2011 / 18:32 / dans 6 ans

MARCHÉS-Les thèmes à retenir pour la semaine prochaine

LONDRES, 15 mai - Voici les grands thèmes qui risquent de s‘imposer aux traders et aux investisseurs dans la semaine qui vient:

1 - NERVOSITÉ SUR LES MATIÈRES PREMIÈRES - L‘ampleur et la vitesse de la chute des cours des matières premières met les nerfs des investisseurs à rude épreuve, ces derniers se demandant si les marchés actions vont résister à cette dynamique de baisse. L’équation est assez simple. Soit les Bourses mondiales ont progressé depuis le début de l‘année pour les mêmes raisons que les matières premières et, dans ce cas de figure, les choses se présentent plutôt mal. Soit les valeurs boursières ont été soutenues par des facteurs de hausse qui leur sont propres, auquel cas, les craintes de baisse peuvent paraître excessives.

Un net ralentissement de l‘activité économique mondiale serait de mauvais augure pour tous les actifs considérés comme étant plus risqués que d‘autre, catégorie à laquelle appartiennent les actions et l‘essentiel des matières premières. Cependant, une diminution légère du rythme de croissance, accompagnée d‘une moindre pression sur les prix du fait de l‘effondrement des cours des matières premières et donc d‘un éventuel report des prochains tours de vis monétaires, ne serait pas forcément synonyme d‘une chute des Bourses. D‘autant plus que les gérants de fonds ont déjà fait tourner une partie de leurs avoirs pour privilégier des valeurs plus défensives.

Wall Street à l‘approche d‘une tempête sur les marchés actions [ID:nLDE74E0KD]

2 - LE SENS DES MOTS - Les intervenants sur les marchés financiers sont convaincus que la Grèce aura besoin de fonds complémentaires pour pouvoir se refinancer en 2012, mais ils savent d‘avance qu‘il y aura des semaines, voire des mois de négociations avant que ceci ne soit de fait acté par les responsables politiques de la zone euro. Ceci étant dit, même si un plan d‘aide complémentaire était, à plus ou moins court terme, mis en place pour le pays, les prix du marché - rendements obligataires, CDS - suggèrent que les investisseurs pensent surtout qu‘Athènes ne pourra pas échapper à une restructuration de sa dette. Certains hommes politiques commencent à utiliser l‘expression “reprofilage”, qui sonne mieux à leurs oreilles que celle de “restructuration”.

Grèce-L‘UE, le FMI pour la privatisation des “utilities”-Presse [ID:nLDE74E0IS]

ENQUETE-Grèce-Une restructuration de la dette semble inévitable [ID:nLDE74B1OP]

3 - ANGOISSE EXISTENTIELLE - Des spéculations sans fin sur la manière dont les pays de la zone euro vont régler la crise qui risque de contraindre la Grèce à une “restructuration-reprofilage” de sa dette a soulevé la question de savoir si une telle extrémité était susceptible de déclencher le paiement des CDS, ces assurances payées pour se prémunir contre un risque de défaut. Les intervenants sur les marchés financiers, les instituts de recherche et de nombreux responsables (sous le couvert de l‘anonymat) ont évoqué une multitude d‘options, comme celle de d‘encourager les investisseurs à échanger du papier grec pour des titres adossés à du collatéral. Mais la manière dont les salles de marché vont gérer les risques, le fait de savoir si les banques détenant des CDS sont suffisamment couvertes figurent parmi les questions restant sans réponse.

4 - ENCORE DES INCERTITUDES - La Grèce est l‘exemple extrême de la crise de la dette de la zone euro. De ce fait s‘est opérée une sorte de distinction entre le cas grec et les deux autres pays qui se sont tournés vers une aide du Fonds monétaire international (FMI) et de l‘Union européenne (UE), le Portugal et l‘Irlande. Mais cela n‘empêche pas les investisseurs de suivre de près les comptes publics de Dublin et de Lisbonne. Et ils restent attentifs au moindre dérapage de l‘Espagne, qui avait un temps été placé dans la catégorie des pays à risque avant d‘en sortir à la faveur d‘importantes mesures d‘austérité budgétaire et de prise à bras le corps du problème des “cajas”. Les élections régionales organisées en Espagne le 22 mai pourraient déclencher un accès de fébrilité des investisseurs si les résultats du scrutin ouvre une brèche dans la détermination de Madrid à poursuivre les réformes.

5 - NE PAS PENSER L‘IMPENSABLE - La crise de la dette dans certains pays de la zone euro accapare davantage l‘attention que le différentiel en matière de taux d‘intérêt chez les acteurs du marché des changes. Mais même ceux qui sont les plus pessimistes sur l‘avenir de l‘euro ne peuvent ignorer le fait que la monnaie unique se traite toujours dans le haut de sa fourchette historique. Cela suggère que les cambistes restent persuadés que les responsables politiques européens finiront par trouver une solution aux difficultés actuelles plutôt que de décider d‘abandonner l‘euro.

Swaha Pattanaik, Benoit Van Overstraeten pour le service français

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