LEAD 2 Schneider écarte une importante acquisition en 2011

mercredi 20 avril 2011 19h41
 

   * Tricoire répond aux rumeurs d'un intérêt sur Tyco
 * Priorité aux acquisitions allant jusqu'à quelques
milliards d'euros
 * Croissance organique des ventes 11,8% au T1
 * Objectifs annuels de CA et de marge maintenus
 * L'action Tyco perd 3,2% après cette mise au point
 
 par Gilles Guillaume
 PARIS, 20 avril (Reuters) - Schneider (SCHN.PA: Cotation) a répondu
mercredi aux rumeurs d'intérêt pour le groupe américain Tyco
TYC.N en déclarant ne pas envisager cette année d'acquisition
de grande taille.
 L'action du groupe a effacé la semaine dernière une bonne
partie de ses gains de l'année, perdant près de 10% en cinq
séances, sur fond de rumeurs entourant les ambitions de
Schneider Electric en matière de croissance externe, et
notamment vis-à-vis du géant américain. (voir [ID:nLDE73C06K).
 "Laissez-moi vous dire qu'il n'y a pas de projet
d'acquisition de grande taille, maintenant ou dans un avenir
prévisible", a déclaré Jean-Pascal Tricoire, président du
directoire du groupe, au cours d'une téléconférence avec les
analystes. "Par avenir prévisible, j'entends l'année en cours."
 Schneider laisse au passage la porte ouverte à une plus
grande transaction à partir de 2012, ou au-delà.
 "Nous avons une politique très stricte de ne pas commenter
les rumeurs de marché (...) mais nous avons dû faire une
exception la semaine dernière en publiant un communiqué. Les
rumeurs étaient devenues plutôt irrationnelles, et nous
assistions à des spéculations croissantes impactant notre cours
de Bourse", a-t-il ajouté.
 L'action Tyco a trébuché après cette mise au point. Vers
19h20, le titre perdait à New York 2,94% à 49,54 dollars.
 Estimant que le bref démenti publié jeudi dernier n'avait
pas suffi à convaincre le marché, Jean-Pascal Tricoire a
également enfoncé le clou dans une interview à paraître jeudi
dans le Figaro, où il indique que la priorité actuelle du groupe
va aux acquisitions de petite taille, de quelques dizaines à
quelques centaines de millions d'euros.
 "Nous pouvons également nous intéresser à des opérations de
taille moyenne, d'un milliard à quelques milliards d'euros",
a-t-il ajouté.
 
 OBJECTIFS MAINTENUS MALGRE MATIERES 1ERES ET JAPON
 Le numéro un mondial des équipements électriques basse
tension et numéro deux pour la moyenne tension, spécialiste des
solutions complètes de gestion de l'électricité, a fait état par
ailleurs d'un maintien au premier trimestre d'une croissance
organique à deux chiffres de son chiffre d'affaires, pour le
quatrième trimestre d'affilée, ressorti globalement en ligne
avec les attentes.
  Schneider a réalisé au premier trimestre un chiffre
d'affaires de 4,94 milliards d'euros, soit une croissance
organique de 11,8%, dopée par les marchés émergents, Chine et
Inde en tête, mais aussi par la reprise des économies matures.
 Les dix analystes interrogés par la rédaction de Reuters
anticipaient en moyenne 4,96 milliards d'euros et une croissance
organique de 10,9% en organique. Au quatrième trimestre, la
croissance organique de Schneider était ressortie à 12,1%.
 Malgré quelques difficultés d'approvisionnement en
provenance du Japon depuis le séisme, Schneider Electric a
maintenu ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice, à savoir
une croissance organique de ses ventes de 6% à 9% et une
amélioration de sa marge d'Ebita à 15,0-15,5%, contre 14,5% en
2010 sur une base proforma.
 Le groupe a également dit s'attendre à une hausse de 350
millions d'euros du coût des matières premières sur l'année,
qu'il entend compenser par des augmentations de prix.
 Si l'activité "Energy" (moyenne tension), où a été intégrée
Areva D, connaît toujours une reprise lente, la branche "Power"
(basse tension), principale contributrice au chiffre d'affaires,
a été soutenue par les besoins d'électrification en Chine ou en
Inde, mais aussi par la demande française en solutions
électriques et par l'accélération de la reprise en Amérique du
Nord.
 Schneider a également bénéficié sur le trimestre de la
demande en capteurs dans l'industrie et de l'engouement des
nouvelles économies pour les systèmes de vidéo surveillance.
 
 Voir aussi :
 * Le communiqué du groupe :
   r.reuters.com/ked29r
 * Les principales données financières du groupe:
 link.reuters.com/baz97r
 
 (Édité par Jean-Michel Bélot)