4 mars 2011 / 12:31 / il y a 6 ans

LEAD 3 Hermès - Un bon début d'année après des résultats record

* Résultats en hausse de plus de 40%, la marge atteint 27,8%

* Le groupe assure n'avoir aucun contact avec LVMH

(Actualisé avec précisions, déclarations du gérant)

par Pascale Denis

PARIS, 4 mars (Reuters) - Hermès (HRMS.PA), qui a signé des résultats annuels record grâce au rebond de la demande, estime que l'année 2011 devrait voir un retour à la croissance moyenne de long terme du groupe avoisinant les 10%.

Profitant à plein du rebond de ses marchés dopés par le moteur asiatique et les flux touristiques, le sellier de la rue Saint-Honoré, dans lequel LVMH (LVMH.PA) détient une participation de 20%, avait annoncé en février une croissance record de plus de 25% en 2010. (Voir [ID:nLDE7101XE])

"Le début d'année (2011) se passe très bien, mais ce sera difficile de rebondir après une année comme elle-là. Une croissance d'environ 10% sur longue période reste notre objectif à long terme", a déclaré vendredi Patrick Thomas, gérant du groupe, lors d'une conférence de presse.

La croissance d'Hermès, célèbre pour ses sacs Birkin et ses carrés de soie, devrait ainsi retrouver des niveaux plus habituels. Le groupe avait dit tabler, en février, sur une progression de ses ventes comprise entre 8% et 10% à taux de change constants pour l'exercice en cours.

Patrick Thomas a également affirmé qu'Hermès n'avait aucun contact avec le groupe LVMH. "Nous ne prévoyons pas d'en avoir", a-t-il dit, ajoutant que jusqu'ici LVMH était "un actionnaire plutôt dormant".

"Les synergies avec LVMH ne nous intéressent pas", a-t-il également dit, en réponse aux offres de collaboration faites par Bernard Arnault, en février dernier.

Il a répété que la famille Hermès, qui détient 73% du capital du groupe et souhaite en sécuriser plus de 50% au sein d'une holding non cotée, considérait LVMH comme un actionnaire indésirable et que la famille était "solidaire et extrêmement unie".

LES PRIX AUGMENTERONT DE MOINS DE 2%

Patrick Thomas a souligné que les prix augmenteraient de moins de 2% en moyenne cette année, comme en 2010, et qu'Hermès avait à coeur de lisser dans le temps les augmentations de tarifs liées à la hausse du coût des matières premières.

Il a dit attendre un retour à la croissance (+2% à 3%) des ventes au Japon, qui reste le premier marché d'Hermès, grâce notamment à la reprise de ses concessions dans les grands magasins.

"Les grands magasins se préparent à une récession de 20 ans, nous reprenons donc nos concessions pour pouvoir assurer une offre riche dans nos magasins", a-t-il dit, évoquant aussi la nécessité pour les groupes de luxe de s'adapter à un marché en pleine crise démographique et économique.

"L'attitude des consommateurs japonais a considérablement changé. Le concept du luxe s'est étendu à d'autres territoires comme l'espace, le temps, le silence", a-t-il dit.

Hermès a vu son résultat opérationnel grimper de 44,3% à 668,2 millions d'euros tandis que sa marge a pris 3,6 points pour s'établir à 27,8%, un niveau record dépassant le pic de 27,1% atteint en 2003.

Interrogé sur l'évolution à attendre de la marge, Patrick Thomas a déclaré qu'elle resterait dans la "zone des 25%-27% dans laquelle elle oscille depuis longtemps". Il a réaffirmé que le modèle d'Hermès ne faisait "aucun compromis sur des critères financiers" et qu'il était "incompatible avec celui d'un grand groupe financier quel qu'il soit".

Hermès ouvrira treize magasins en 2011, essentiellement dans les pays émergents.

DEFILE TRES ATTENDU

Le résultat net a progressé de 46,0% à 421,7 millions, alors que les analystes tablaient en moyenne sur 425,6 millions, selon Thomson Reuters I/B/E/S. Le dividende proposé sera de 1,50 euro.

Ces résultats ont permis une amélioration de la trésorerie, en qui a grimpé de 321 millions à 829 millions d'euros.

Le sellier présentera dimanche, dans le cadre des défilés parisiens de prêt-à-porter automne-hiver, la première collection très attendue de Christophe Lemaire, ancien designer de Lacoste venu succéder à Jean-Paul Gaultier.

Le titre se traite en hausse de 1,45% à la Bourse de Paris vers 13h15 vendredi, à 153,55 euros. Bien qu'en forte baisse par rapport aux sommets (207 euros) atteints en octobre 2010 juste après l'arrivée de LVMH, le titre se traite toujours sur des multiples de valorisation très supérieurs à ceux du secteur, à plus de 31 fois les résultats estimés pour 2011, contre une moyenne de 17 fois.

Voir aussi :

* Les principales données financières du groupe :

link.reuters.com/gyc48r

Avec Gwénaelle Barzic, édité par Benoît Van Overstraeten

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