10 février 2011 / 18:48 / dans 7 ans

LEAD 2 L'Oréal tourne la page de la crise, JP Agon devient PDG

* Croissance organique inférieure aux attentes au T4

* Redressement de la marge opérationnelle à 15,7%

* Les pleins pouvoirs à Jean-Paul Agon

* Nouveau mandat demandé pour Liliane Bettencourt

(Actualisé avec précisions, commentaire d‘analyste)

par Pascale Denis

PARIS, 10 février (Reuters) - L‘Oréal (OREP.PA) a tourné la page de la crise en soldant l‘année 2010 par un rebond de ses résultats et a en outre annoncé son changement de gouvernance avec la nomination de Jean-Paul Agon au poste de président-directeur général.

Lindsay Owen-Jones, emblématique patron de L‘Oréal pendant près de 20 ans, qui fit du groupe un empire de la beauté via de multiples acquisitions (Maybelline, Matrix) et qui multiplia par 14 sa capitalisation boursière, quittera en mars la présidence du conseil d‘administration. Il sera nommé président d‘honneur et restera administrateur.

Jean-Paul Agon, directeur général depuis 2006, dispose pour sa part, aux dires des analystes, de toute la légitimité pour endosser l‘habit de PDG. Artisan du redressement d‘un groupe durement touché par la crise, il n‘a eu, de surcroît, aucun lien d‘argent avec la famille Bettencourt proprétaire de 30% du capital du groupe (voir [ID:nLDE7161EG]).

Liliane Bettencourt, héritière du groupe et âgée de 88 ans, se verra proposer la reconduction de son mandat d‘aministrateur contrairement aux attentes de certains analystes pour qui un de ses petits-fils pouvait prendre la relève.

Le géant mondial des cosmétiques, proprétaire de L‘Oréal Paris, Garnier, Maybelline, Lancôme ou encore Yves Saint Laurent, a renoué avec la croissance en 2010 grâce au rebond de la demande de produits de luxe et à l‘accélération de ses ventes dans les pays émergents.

DECEPTION SUR LE T4 ET L‘OPERATIONNEL

Son chiffre d‘affaires, en hausse de 11,6% (+5,6% en données comparables), a atteint 19,5 milliards d‘euros, proches du consensus des analystes interrogés par la rédaction de Reuters (19,4 milliards).

Sur le seul quatrième trimestre, la croissance organique, à 4,1%, a cependant été inférieure aux attentes (+5,2%).

Le groupe, dont le résultat opérationnel a rebondi de 18,6% à 3,06 milliards d‘euros (3,07 milliards attendus), a redressé sa marge (à 15,7%, après 14,8% l‘année précédente), qui reste cependant encore loin du record de 17% atteint en 2007 avant la crise.

“C‘est un peu court sur l‘organique et sur l‘opérationnel”, relève un analyste qui a requis l‘anonymat. “Il ne fait pas bon décevoir dans le secteur en ce moment”, ajoute-t-il.

Le résultat net, conforme aux attentes, a atteint 2,24 milliards d‘euros, signant une hausse de 25%.

L‘Oréal, qui ne donne pas d‘indication chiffrée sur ses perspectives 2011, indique simplement dans un communiqué être “confiant” dans sa capacité à réaliser “une nouvelle année de croissance de ses résultats et de son chiffre d‘affaires”.

Choyant ses actionnaires, le groupe a relevé son dividende de 20% à 1,80 euro par action, contre 1,50 euro un an plus tôt.

L‘Oréal, qui commentera ses résultats devant la presse et les analystes vendredi matin, sera très attendu sur ses perspectives de croissance pour l‘année en cours, qui ne bénéficiera pas de bases de comparaison aussi favorables qu‘en 2010, comme sur l‘utilisation de ses confortables réserves.

TRESOR DE GUERRE

Le géant mondial, peu endetté et qui dispose d‘un important trésor de guerre grâce à sa participation d‘environ 8,6% dans Sanofi-Aventis (SASY.PA), n‘a jamais caché ses ambitions de croissance externe.

Depuis son arrivée en 2006, Jean-Paul Agon a opté pour les acquisitions ciblées (YSL Beauté, distributeurs de produits destinés aux coiffeurs aux Etats-Unis) et a mis un coup d‘accélérateur au développeemnt du groupe dans les pays émergents qui doivent lui permettre d‘atteindre son objectif d‘un milliard de consommateurs supplémentaires d‘ici dix ans.

De l‘avis des analystes, L‘Oréal pourrait poursuivre ses rachats ciblés. Certains d‘entre eux, comme chez Morgan Stanley, évoquent même un possible rachat, dans les deux à trois ans qui viennent, des 30% que le géant suisse Nestlé NESN.VX détient dans le groupe.

A l‘inverse, les spéculations sur un rachat de L‘Oréal par Nestlé sont récurrentes et ont atteint des sommets avec le conflit familial entre Liliane Bettencourt et sa fille Françoise Bettencourt Meyers. Parmi les analystes, les avis restent cependant très partagés sur la probabilité d‘une telle opération.

Le titre a clôturé à 89,50 euros jeudi à la Bourse de Paris, affichant un gain de 6,3% depuis le début de l‘année. A ce niveau de cours, la capitalisation boursière du groupe ressort à 52,9 milliards d‘euros.

Les résultats: link.reuters.com/fab97r

La nomination de JP Agon comme PDG : link.reuters.com/gab97r

Avec la contribution de Michel Brito, édité par Wilfrid Exbrayat

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