ENCADRE Sanofi/Genzyme-Le CVG, instrument financier de la paix?

mardi 7 décembre 2010 18h38
 

PARIS, 7 décembre (Reuters) - Le certificat de valeur garantie (CVG), pressenti comme l'instrument financier capable de permettre une "paix des braves" entre Sanofi-Aventis et Genzyme, a connu son heure de gloire en France lors des batailles boursières de la fin des années 1990.

Ce produit, qui a notamment fait le succès du financier Jean-Charles Naouri dans son combat contre les supermarchés Promodes, permet de lier le paiement d'un complément de prix d'une offre publique d'achat à une performance opérationnelle ou un cours de Bourse futur.

Dans le cas de Genzyme GENZ.O, l'utilisation de CVG permettrait de valoriser dans quelques années un large succès du Campath - un traitement expérimental de la sclérose en plaques - auquel Sanofi (SASY.PA: Cotation) ne croit guère.

Le groupe français en attend 700 millions de dollars de ventes annuelles quand Genzyme table sur 3,5 milliards.

Au lieu d'essayer à force de négociations d'élaborer un "business plan" commun, les deux parties peuvent convenir du prix que vaut le fait d'atteindre tel ou tel objectif de vente pour ce médicament. EDF (EDF.PA: Cotation) a utilisé cette technique en 2008 pour convaincre les actionnaires minoritaires de British Energy de souscrire à son offre d'achat.

Ces derniers ont ainsi reçu des certificats leur permettant de recevoir un paiement en fonction de la production nucléaire effective de British Energy et des prix de gros de l'électricité au Royaume-Uni.

Lorsque le groupe allemand Fresenius FREG_p.DE a racheté le laboratoire APP en 2008, il avait attaché des CVG d'une valeur potentielle de six dollars par action si APP atteignait certains objectifs d'excédent brut d'exploitation. Cette option n'a pas coûté bien cher à Fresenius puisque ces CVG APCVZ.O ne valent actuellement que 0,04 dollar.

"Cela me semble relativement sain comme instrument financier", observe Emmanuel Dayan de Detroyat Associés, un cabinet d'expertise financière français.

Les frais d'acquisition supplémentaires que doit payer l'entreprise acheteuse si les clauses opérationnelles ont été atteintes sont liées à des entrées effectives de liquidités, note-t-il, et ne constituent donc pas un produit financier toxique potentiel, à la différence des CVG utilisés dans les années 1990.   Suite...