10 novembre 2010 / 17:43 / il y a 7 ans

LEAD 2 Crédit agricole écarte tout appel au marché pour Bâle III

* Résultat net multiplié par plus de deux, à E742 mlns contre 669 mlns attendu

* Coût du risque en baisse de 18%

* La banque n'exclut pas une augmentation de capital pour financer une acquisition

(Actualisé avec conférence téléphonique et commentaire d'analyste)

par Matthieu Protard

PARIS, 10 novembre (Reuters) - Crédit agricole SA (CAGR.PA) a rapporté mercredi des résultats supérieurs aux attentes au troisième trimestre et a redit que la banque n'aura pas besoin d'augmentation de capital pour se conformer aux nouvelles règles prudentielles de Bâle III.

Le véhicule coté du groupe Crédit agricole indique que son bénéfice net a été multiplié par plus de deux, à 742 millions d'euros grâce notamment à une contribution plus élevée qu'attendue des caisses régionales dans la banque de détail et grâce à sa banque de financement.

Ses revenus progressent de 3,1% tandis que les provisions pour risque de crédit reculent de 18,2%.

La banque n'a toutefois pas voulu donner de tendances pour le quatrième trimestre.

Le consensus établi par la rédaction de Reuters tablait sur un bénéfice net de 669 millions d'euros contre 289 millions un an plus tôt. (voir [ID:nLDE6A112D])

Comme BNP Paribas (BNPP.PA) et la Société générale (SOGN.PA) la semaine dernière et Natixis (CNAT.PA) mardi, le Crédit agricole estime qu'il est en mesure d'affronter la nouvelle régulation bancaire et financière sans appel au marché.

La banque s'est en revanche refusée à donner toute estimation chiffrée de ratio de solvabilité financière à l'horizon de 2013.

Elle estime que les actifs pondérés des risques augmenteront d'environ 50 milliards d'euros du fait du traitement comptable des certificats coopératifs d'investissement détenus dans les banques régionales, et entre 70 et 90 milliards dans les actifs de marché en 2012 et 2013.

"L'impact final de la réforme dépendra néanmoins du contenu définitif de la réglementation et de ses modalités d'application", souligne la banque.

"Ils nous laissent avec une grande marge d'interprétation sur le capital. Mais dans l'ensemble, cela ne semble pas trop mauvais et je pense que cela va contribuer à clarifier les choses", commente Shailesh Raikundlia, analyste chez MF Global.

PAS D'ACQUISITION EN VUE

L'action Crédit agricole a néanmoins souffert mercredi des inquiétudes persistantes du marché sur la solidité financière de la banque, exacerbées par la nervosité autour de la dette des pays périphériques de la zone euro et en particulier de l'Irlande.

Elle a clôturé en baisse de 4,62% à 11,66 euros. Depuis un an, elle cède 5,66%, en ligne avec l'indice sectoriel Stoxx 600 .SX7P des banques européennes (-5,63%).

Natixis (CNAT.PA), détenu à près de 72% par BPCE et qui a une structure financière similaire à Crédit agricole SA, a en effet surpris les investisseurs en révélant mardi un impact plus élevé que prévu des nouvelles normes de Bâle sur ses actifs pondérés, faisant tomber le titre à son plus bas niveau depuis trois mois et demi. [ID:nLDE6A90J4]

Pour l'ensemble du groupe Crédit agricole, le résultat net ressort à 1,45 milliard d'euros, qui se compare au bénéfice de 837 millions d'euros de BPCE, de 1,9 milliard de la BNP et de 896 millions de la SocGen.

Interrogé sur la croissance externe, la banque n'a pas exclu l'idée de procéder à une augmentation de capital pour financer une acquisition.

"Sur une augmentation de capital pour une acquisition, on ne peut pas l'exclure mais je ne vois pas une acquisition dans les temps qui viennent", a déclaré Jean-Paul Chifflet, le directeur général du Crédit agricole.

"Si on a une opération magnifique, miraculeuse, qui rapporte beaucoup, on ne peut pas l'exclure", a-t-il ajouté, rappelant qu'un plan de développement à dix ans sera présenté le 15 décembre et qu'un plan stratégique à trois ans le sera début 2011.

La banque s'efforce pour le moment de restructurer sa filiale grecque Emporiki CBGr.AT plombée par les pertes du fait de la récession qui sévit en Grèce.

Depuis le début de l'année, Emporiki aura encore coûté 670 millions d'euros mais le Crédit agricole confirme que sa filiale grecque redeviendrait bénéficiaire en 2012.

avec Lionel Laurent, édité par Gwénaelle Barzic

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