November 9, 2010 / 7:06 AM / 7 years ago

LEAD 3 Hermès sur la voie d'un exercice 2010 record

7 MINUTES DE LECTURE

* Croissance organique nettement supérieure aux attentes

* Révision des objectifs de marge et de ventes

* Des hausses de prix très limitées en 2010 et 2011

* Forte hausse du titre en Bourse

(Actualisé avec les précisions de Patrick Thomas)

par Pascale Denis

PARIS, 9 novembre (Reuters) - Hermès (HRMS.PA), deux semaines après l'irruption de LVMH (LVMH.PA) dans son capital, a une nouvelle fois révisé en hausse ses objectifs annuels mardi, après un chiffre d'affaires trimestriel en très forte progression, et a dit être sur la voie d'un exercice record.

Confirmant la poursuite du rebond du secteur du luxe, les ventes du groupe de la rue du Faubourg Saint-Honoré ont grimpé de 30,5% au troisième trimestre, à 590,1 millions d'euros, et la croissance organique est ressortie à 20,2%, un chiffre nettement supérieur aux attentes des analystes qui tablaient généralement sur une progression comprise entre 14% et 15%.

"Hermès est en route pour réaliser sa meilleure année depuis 10 ans et peut-être la meilleure de son histoire", a déclaré le gérant du groupe lors d'une conférence téléphonique.

Pressé de questions sur la stratégie du groupe vis-à-vis de LVMH, Patrick Thomas a réaffirmé qu'Hermès n'avait nul besoin de pilule empoisonnée et n'a voulu donner aucune indication sur les options étudiées par les actionnaires familiaux, détenteurs de 73% du capital, pour sécuriser leur participation. (voir [ID:nLDE6A80ST])

LVMH a révélé le 23 octobre détenir 17% du capital d'Hermès, une opération que le sellier juge hostile et qui fait l'objet d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Fort de sa croissance, le fabricant des célèbres sacs Kelly ou des carrés de soie a une nouvelle fois révisé à la hausse ses objectifs par rapport à de précédentes prévisions unanimement jugées prudentes par les analystes.

Un "Travail De Paysan"

Le groupe anticipe désormais une progression de ses ventes de l'ordre de 15% à taux de change constants, alors qu'il tablait fin août sur une croissance d'environ 12%, ainsi qu'une hausse d'un à deux points de sa marge opérationnelle, après avoir anticipé une amélioration d'"au moins un point" par rapport aux 24,2% de 2009.

En matière de prix, contrairement à LVMH ou Chanel qui ont relevé leurs tarifs de 9% et 20% respectivement sur certains de leurs sacs, Hermès n'a relevé les siens que de 3% en 2010 et prévoit de procéder à des augmentations "très modérées" l'an prochain, hormis au Japon où les prix n'augmenteront pas.

"Nous ne cherchons pas à maximiser notre 'pricing effect'. Nous travaillons comme des paysans, en fonction de notre prix de revient", a lancé Patrick Thomas.

Interrogé sur l'évolution des marges du groupe, il a répondu qu'elles n'atteindraient pas sur le long terme des niveaux extrêmement élevés.

"Nous ne cherchons pas à maximiser la rentabilité. Les taux atteints cette année sont très satisfaisants", a-t-il dit.

Par comparaison, Louis Vuitton, le pôle mode-maroquinerie de LVMH et principal centre de profit du géant mondial du luxe, dégage une rentabilité estimée à environ 40% par certains analystes financiers.

Ces chiffres, unanimement jugés "excellents" par les analystes, sont salués en Bourse, où le titre grimpe de 6,3% à 164,10 euros vers 14h30, dans un marché en hausse de 0,7%.

Après avoir atteint un sommet historique à 207,75 euros le 25 octobre, avec l'annonce de la prise de participation de LVMH, la spéculation s'est dégonflée sur un titre dont le flottant est aujourd'hui très limité.

A ce niveau de cours, le titre Hermès affiche encore un gain de 76% depuis le début de l'année, pour une capitalisation boursière de 17,4 milliards d'euros.

Investissements

Patrick Thomas a précisé que les investissements atteindraient 166 millions d'euros en 2010 (après 207 millions en 2009), dont 79 millions dans le réseau de magasins, et que le budget de communication progresserait d'environ 34% à 127 millions d'euros.

Il a réaffirmé que le groupe ne prévoyait pas d'acquisition majeure, tout en rappelant qu'Hermès ne renoncerait pas, si une opportunité se présentait, à étudier un projet qui conforterait sa stratégie de croissance interne.

Au troisième trimestre, les ventes d'Hermès ont été une nouvelle fois tirées par celles de la maroquinerie, division phare et principal centre de profit du groupe, qui ont grimpé de 20%. Cette progression est d'autant plus remarquable qu'elle intervient après une hausse de 17% un an plus tôt. Les sacs en cuir, emblématiques produits de la maison, avaient alors fait la preuve de leur résistance face à la crise.

Celles des vêtements et accessoires ont progressé de 15,8% tandis que celles de la soie ont grimpé de 27,5%.

En Asie (hors Japon), la dynamique est restée extrêmement vigoureuse (+35%), tandis que le marché nippon, plombé depuis plusieurs années par la crise, est redevenu très légèrement positif (+0,4%). Les ventes ont aussi profité d'une très solide demande en Europe (+22,4%), qui a bénéficié d'importants flux touristiques, notamment chinois, mais aussi sur le continent américain (+20,3%).

Voir aussi:

* Hermès assure n'avoir nul besoin de pilule empoisonnée [ID:nLDE6A80ST]

* LE POINT sur le raid de LVMH dans le capital d'Hermès [ID:nLDE69R19T]

Edité par Dominique Rodriguez

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