14 octobre 2010 / 06:12 / dans 7 ans

LEAD 3 LVMH confirme le fort rebond du secteur du luxe au T3

* Croissance organique de 14% au lieu de 11% attendue

* Une nouvelle ligne Louis Vuitton lancée au 4e trimestre

* Pas de ralentissement aux Etats-Unis

(Actualisé avec commentaires du directeur financier, cours)

par Pascale Denis

PARIS, 14 octobre (Reuters) - LVMH (LVMH.PA) a vu ses ventes grimper de 24% au troisième trimestre, confirmant la poursuite du rebond du secteur du luxe porté par une dynamique asiatique toujours très vigoureuse et par une forte progression de la demande en Europe.

Premier grand groupe du secteur à publier ses chiffres, le numéro un mondial du luxe a dépassé les attentes avec un chiffre d‘affaires de 5,11 milliards d‘euros, contre 4,87 milliards prévus par les analystes interrogés par Reuters.

Surtout, sa croissance organique s‘est maintenue à 14%, comme au premier semestre, alors que les analystes tablaient sur un ralentissement à 11% dû à des bases de comparaison moins favorables.

La Chine, dont les ventes ont grimpé de 26%, et l‘Europe, où elles ont augmenté de 17% grâce aux flux touristiques générés par le recul de l‘euro durant l’été, ont été les grands moteurs de la croissance de LVMH.

Aux Etats-Unis, la progression s‘est tassée à 10% (après +17% au premier semestre) sous l‘effet d‘opérations de déstockages, tandis qu‘au Japon les ventes ont encore reculé.

Alors que des craintes apparaissent sur la croissance et l’évolution de la demande aux Etats-Unis, le directeur financier du groupe, Jean-Jacques Guiony, a déclaré lors d‘une conférence téléphonique ne pas y percevoir de signe de ralentissement et estimé qu‘il “n‘y avait pas de raison d’être inquiet”.

En revanche, concernant le marché nippon, il s‘est voulu prudent, disant “ne pas être optimsite à court terme”.

DE BON AUGURE POUR NOËL

“A ce stade, tous les moteurs du groupe tournent à plein (...) La situation des stocks est saine, ce qui est très important”, s‘est-il félicité.

“Au total, pour l‘ensemble de l‘exercice, nous sommes plus optimistes que prudents” en dépit de l’évolution défavorable des taux de change (liée à la remontée de l‘euro) et d‘une base de comparaison plus élevée au 4e trimestre, a poursuivi Jean-Jacques Guiony.

Les chiffres ont été salués comme excellents par les analystes. “Les bases de comparaison étaient plus difficiles, cela signifie donc que le moteur s‘est encore accéléré au troisième trimestre après un premier semestre déjà très solide”, commente l‘un d‘entre eux.

Un trader évoque une “dynamique des ventes restée exceptionnelle malgré des comparatifs plus difficiles”.

Pour les analystes de Citi, ces chiffres pourraient être de bon augure pour la fin d‘année. “Avec la fin des restockages dans la plupart des catégories de produits, les ventes du troisième trimestre sont mieux alignées sur la demande finale, ce qui est de bon augure avant Noël”, disent-ils.

Au quatrième trimestre, le chiffre d‘affaires de Louis Vuitton devrait profiter d‘une hausse de prix de 9% intervenue sur certains modèles de sacs en Europe, tout comme du lancement prévu d‘une nouvelle ligne de la marque.

Pressé de questions sur ces hausses de tarifs, le directeur financier a surtout évoqué un rattrapage après deux années de crise durant lesquelles les prix n‘avaient pas bougé.

Fort du rebond de la demande et des écarts de prix entre l‘Europe et l‘Asie, amplifiés par l’évolution des changes, la maison Chanel a elle aussi augmenté - de 20% - le prix des sacs de sa ligne dite “classic”.

TENSIONS SUR L‘OUTIL DE PRODUCTION

Jean-Jacques Guiony est aussi revenu sur la fermeture une heure plus tôt des magasins parisiens de Louis Vuitton, précisant que le groupe avait été surpris par la vigueur de la demande et que des tensions étaient apparues sur l‘outil de production. Le groupe compte aujourd‘hui onze centres de fabrication de ses célèbres sacs et va accroître ses capacités de 10% avec une nouvelle usine, dans la Drôme, qui devrait être achevée au premier semestre 2011.

Sur neuf mois, la croissance organique atteint deux chiffres pour l‘ensemble des divisions. Les ventes de vins & spiritueux (Dom Perignon, Moët & Chandon, Ruinart) grimpent de 17% et celles de la mode-maroquinerie de 14%, tirées par une hausse “à deux chiffres” de Louis Vuitton, principal centre de profit de LVMH. La hausse atteint 22% pour les montres et la joaillerie (Tag Heuer, Chaumet ou Zenith). Elle ressort à 10% dans les parfums et les cosmétiques (Dior, Givenchy ou Guerlain) et à 14% dans la distribution sélective (parfumeries Sephora, réseau DFS de ventes hors taxes et Le Bon Marché).

Après un début de séance en léger repli, le titre s‘est retourné à la hausse pour finir sur un gain de 0,7% à 111,70 euros. Il signe depuis le début de l‘année une hausse de plus de 42%, une performance comparable à celles des grands noms du luxe portés par une très forte reprise de la demande du secteur.

La valeur se traite sur des multiples de valorisation d‘environ 19 fois ses bénéfices estimés pour 2011, contre 18 fois pour la moyenne du secteur hors Hermès (HRMS.PA).

Edité par Gilles Guillaume

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