LEAD 1 La dette allemande sera gonflée par les actifs de HRE

mercredi 22 septembre 2010 18h58
 

BERLIN, 22 septembre (Reuters) - L'Allemagne a annoncé mercredi qu'elle transfèrerait jusqu'à 210 milliards d'euros d'actifs de l'établissement de crédit nationalisé Hypo Real Estate (HRE) [HRXGe.UL] dans une structure de cantonnement, une décision qui risque de gonfler mécaniquement la dette publique, sans toutefois pénaliser Berlin sur les marchés selon les analystes.

Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a salué cette décision de transfert prise par le SoFFin, le fonds national de renflouement des banques.

"C'est une étape fondamentale pour la restructuration de la banque et pour assurer la stabilité financière de l'Allemagne", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le ministère a expliqué qu'un tel transfert pourrait provoquer une hausse technique de 7,5 à 8,5 points de pourcentage du rapport dette/PIB de l'Allemagne, mais il a ajouté que cet effet purement statistique n'aurait aucune conséquence pour le service de la dette.

Berlin projette un rapport dette/PIB de 78% cette année et de 80% en 2011, sans prendre en compte les actifs de HRE.

Mais d'un point de vue économique, cette transaction est neutre, affirme Thorsten Polleit, économiste de Barclay's Capital. "Tout le passif de HRE était garanti par l'Etat fédéral; en ce sens, c'était déjà un passif pour l'Allemagne", dit-il.

HRE, établissement spécialisé dans le crédit immobilier, est la principale victime de la crise financière en Allemagne. Il n'a échappé à la faillite après la chute de Lehman Brothers en 2008 que grâce à un renflouement de plus de 100 milliards d'euros constitué pour une bonne part de garanties de l'Etat.

HRE est actuellement en phase de restructuration et fait usage de la "bad bank" mise sur pied par Berlin, une structure de défaisance pour les actifs pourris des banques allemandes.

Klaus Wiener, directeur général d'AMB Generali Investments, ne pense pas ce que transfert aura des répercussions graves sur les notes de crédit de l'Allemagne.

"Cela dépend du prix qui a été payé pour les actifs; cela pourrait même se traduire par un petit bénéfice pour l'Etat en bout de course", dit-il. "Et ce même si cela augmente le ratio du déficit cette année".

(Matthias Sobolewski, Dave Graham et Paul Carrel, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)