France - Renault et Peugeot veulent rembourser l'État rapidement

vendredi 17 septembre 2010 16h43
 

PARIS, 17 septembre (Reuters) - Les deux constructeurs automobiles français, une semaine après avoir remboursé par anticipation le tiers du prêt public qui les a aidé à traverser la crise, ne cachent pas leur désir de solder totalement ce crédit dans les meilleurs délais.

Renault (RENA.PA: Cotation) et PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA: Cotation) ont annoncé le 10 septembre le remboursement anticipé d'un milliard d'euros chacun sur le prêt que l'État français leur a consenti en avril 2009. (voir [ID:nLDE6890AL])

Chaque groupe s'était alors vu prêter trois milliards d'euros à 6%, un crédit dont le remboursement devait initialement s'échelonner entre 2011 et 2014.

"Aujourd'hui, on arrive à emprunter à moins de 5%, et je rappelle que le prêt est indexé sur les profits, mais à l'envers", a expliqué jeudi soir Patrick Pélata, directeur général délégué de Renault, en marge d'une cérémonie marquant les 100 ans de la présence du constructeur au losange sur les Champs-Elysées.

"Normalement, quand le risque diminue, le taux d'intérêt diminue, mais là quand le risque diminue le taux d'intérêt augmente", a-t-il poursuivi. "La situation de Renault étant plutôt meilleure, on a intérêt à rembourser relativement vite parce que sinon, nous allons payer un taux d'intérêt plus élevé."

Une porte-parole de Renault a précisé vendredi que le solde de deux milliards pouvait être payé à partir d'avril 2011, soit la date théorique de début des remboursements trois ans après l'octroi du prêt.

Un porte-parole de PSA a confirmé lui aussi que le groupe était libre de rembourser à cette date, ajoutant qu'il fallait s'attendre à ce que les choses aillent vite sur ce dossier.

Les deux groupes pourront alors rembourser tout ou partie du solde du prêt. En cas de remboursement partiel, le premier paiement ne pourra être inférieur à 500 millions d'euros.

L'indexation du prêt sur la performance opérationnelle des deux groupes signifie que le taux peut monter jusqu'à 9%. Or après avoir accusé de lourdes pertes en 2009, les deux constructeurs ont renoué avec les bénéfices au premier semestre. Sur cette lancée et malgré les incertitudes qui entourent les ventes de la fin de l'année, PSA vise un résultat opérationnel courant de l'ordre de 1,5 milliard d'euros en 2010 et Renault un free cash flow positif sur l'ensemble de l'exercice.

(Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez)